« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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Et parfois, on lit.

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Héritier d'une fortune construite par ses parents dans le monde du spectacle. Sungmin vit dans un monde d'apparences.
C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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le Sam 10 Juin 2017 - 3:19
Je tiens enfin ma parole, un petit up

Évidemment que je vais en oublier (résumer ma session serait exagérer), alors je vais y aller avec coups de cœur ou dont je me rappelle tout simplement et des livres qu'on m'avait demandé un feedback. Je commence avec cette dernière catégorie.

J'ai terminé il y a 10 minutes 1Q84 (livre 1, avril-juin) d'Haruki Murakami. Premier tome, donc, d'une série de trois ou quatre livres, je ne sais plus. Bon. J'ai un problème avec ce roman là et c'est que le quart de couverture m'a vraiment trompée. Je me permets de citer : « Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour [...] » puis un mot d'Adrien Gombeaud qui suit la description : « Un drôle de livre d'anticipation qui se déroule dans le passé, un roman d'amour mélancolique, un suspense accrocheur, un conte moderne envoûtant ». Bon. Déjà, roman d'amour, on va revoir : les protagonistes (Aomamé et Tengo) ne se rencontrent pas une seule fois et leur vie amoureuse est aussi sèche que le désert (leur vie sexuelle par contre...). Ça ne me déplait pas, en soi, mais qu'on ne vienne pas vanter une histoire d'amour quand il n'y en a pas... pas dans  le premier tome du moins. Enfin. Je continue : thriller. Meh. L'action est étonnamment lente ? Véritablement, je crois que l'auteur met la table dans ce livre, tout simplement. Le gros de l'action doit être dans la suite - car ce n'est qu'au bout de 360 pages que j'ai eu un moment ''Oh my God ça peut pas être sérieux c'est vraiment terrible que se passe-t-il''. Pourquoi j'ai pas abandonné avant ? Je dois admettre qu'il y a quelque chose d'envoûtant dans la manière dont est conduit le récit. Il y a des actions ; mais le lien avec l'intrigue principale / l'univers parallèle (je ne spoil rien, j'veux dire, c'est dans le titre...) est tellement mince que, somme toute, j'ai terminé ma lecture un peu déçue, mais avec la tentation d'acheter le deuxième tome, tout de même. Sinon, les portraits des personnages sont intéressants. Pas que je sympathise avec eux, mais ils ont quelque chose d'intriguant dans leur manière d'évoluer dans leur monde, comme un peu en décalages... Et leur histoire, aussi, assez spéciale (car oui, beaucoup de flashbacks dans le livre hein, on dévoile l'intrigue petits morceaux par petits morceaux) (et les liens sont établis comme ça, à ce rythme, ça ponctue le récit). Bref, je conseille, mais seulement si vous avez l'intention de vous lancer dans une série et pas seulement vous engager pour un tome.

Machiavel, Le Prince.  Je ne connais pas grand chose en histoire ou en sociologie, mais somme toute, écrit intéressant. Très facile à lire, vraiment, j'ai été surprise par cela. Les sections sont courtes et l'argumentaire / l'exposition se font de manière organisée et concise. Toujours accompagné d'exemples (que j'ai rebaptisés ''pourquoi X royaume / empire / principauté a échoué lamentablement). Au fond, c'est surtout une analyse de la dynamique entre le pouvoir et le peuple en passant par le contrôle militaire. Et c'est cette perception qui m'a le plus intéressée ; à vrai dire, elle donne des idées de scénarios / situations dans des cadres d'histoires fantasy / médiévales. Je ne suis certainement pas la bonne personne pour juger de la pertinence actuelle de Machiavel ou de l'exactitude de son approche, mais pour ce que ça valait, ma curiosité a été satisfaite et j'y ai trouvé un intérêt certain.

Un coup de cœur maintenant. La mémoire de l'eau de Ying Chen. Je reprends : méga coup de coeur. Je m'attendais pas à ça, étant donné que j'ai lu le livre dans un cadre scolaire (et dans un cours que j'appréciais plus ou moins par la faute de la professeure, mais ça, c'est une toute autre histoire). En fait, on suit l'histoire de la grand-mère (Lie-Fei) de la narratrice (anonyme) à travers des épisodes de sa vie en Chine. C'est une femme qui se retrouve entre deux mondes, deux époques. Elle a cinq ans lors de la fin de la monarchie, ses pieds commencent à être bandés. Son père arrête l'opération. Même physiquement elle sera prisonnière de cet entre-deux. On peut alors avancer l'hypothèse qu'elle est en exile permanent (en tant que femme, mais ça c'est mon travail final, donc je vais essayer de ne pas m'emporter - mais si vous voulez en savoir plus j'ai des liens Timbré). C'est une petite plaquette d'une centaine de pages qui se lit très facilement. Le style est doux ? Très agréable. Et même si l'histoire se fait par « bonds » (elle est chronologique, mais elle ne se suit pas de manière serrée, si vous voyez ce que je veux dire), c'est très facile à lire. Bref, c'est le portrait d'une femme qui doit naviguer dans son époque - mais qui n'arrive jamais à fuir l'odeur de l'eau qui la tourmente depuis son plus jeune âge. Et c'est l'héritage qu'elle transmet à sa petite fille, la narratrice. Gros coup de cœur comme je disais ; j'ai acheté compulsivement deux autres livres de la même auteure. Voilà.

En attendant Doggo de Mark Mills. Je ne conseille pas. Pas du tout. Ne vous laissez pas prendre par la référence à Beckett. Il n'y a rien d'absurde, c'est pas troll non plus. Soit-disant drôle, mais très... ponctuel. Histoire assez bancale d'un type qui se remet de sa rupture avec sa fiancée et qui se trouve un nouveau boulot. Doit tolérer la présence de son chien laid, Doggo. Et c'est très innocent, mais il n'y a pas d'intrigue passionnante. Juste... le quotidien du type dans sa nouvelle réalité. Et tout va bien, vraiment, il n'y a pas d'obstacles vraiment imposants qui pourraient mettre en péril sa quête de bonheur (enfin, je devine que sa quête est celle du bonheur, si je dois faire un schéma actanciel...). Donc non, je ne conseille pas. Lisez Beckett plutôt.

Un petit dernier ? Le double de Dostoïevski. Je dois admettre que c'était une lecture à laquelle je ne m'étais pas préparée. Évidemment, on se trouve dans du fantastique pur, avec l'inquiétante étrangeté et la résolution qui n'apporte aucune réponse claire... Mais j'aurais clairement du lire le dossier en préface avant de commencer à lire. Mort de rire Mais somme toute, même si des zones sont restées très obscures pour moi, j'ai aimé. La narration m'a amusée - parfois, le narrateur (hétérodiégétique / omniscient) prend une personnalité très forte, apparaît soudainement un « je » qui apparaît de nulle part et qui teint la vision du récit. C'est un tourbillon, on sombre dans le même enfer que le personnage principal - car il n'y a aucune façon de comprendre ce qui lui arrive. Oh, le personnage principal, oui. Entre « il me fait pitié » et « il me tombe sur les nerfs ». Il se raconte sa propre personne, se dit franc, direct, assuré, mais dans les faits, il est incapable de s'exprimer - ses mots sont vides c'est complètement fou.  Donc oui, j'ai apprécié, mais ça ne me ferait pas de tort de le relire de manière plus avisée et moins en mode « vacances ».

Pardon pour le pavé ! Agonise J'arrête ici, même si d'autres livres me reviennent en tête.


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(Fanart par faheej)
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Ancien vice-commandant du Shinsengumi, aujourd'hui chef de brigade à l'Institut.

Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Mer 12 Juil 2017 - 22:03
Merci Sneug pour le rappel sinon j'allais oublier,encore
Warning, pavé incoming.

Alors, j'ai relu 1Q84, mais comme Sungmin en a parlé juste au-dessus et n'a pas terminé,je vais faire bref. Moi j'adore. C'est vrai que c'est très perturbant, que l'action est lente, que la frustration est bien présente d'un côté. Après, comme je crois qu'on l'a dit plus haut dans le sujet, ce n'est clairement pas le roman de Murakami que je conseillerais spontanément pour commencer son oeuvre. Tsukuru Tazaki  est bien plus accessible, de même que son dernier recueil de nouvelles, Des hommes sans femmes - que j'ai lu récemment. Plusieurs portraits d'hommes, pour qui des femmes jouent un rôle très important. J'ai une petite préférence pour la première, Drive my car, et Samsa in Love, où l'auteur a le culot littéraire de s'attaquer à une version inversée de la Métamorphose, de Franz Kafka. Après, cela reste du Murakami - une expérience perturbante. Mais j'aime.


Ensuite, je me suis attaquée à un bon vieux classique -Croc-blanc. Le roman lui-même est agréable à lire même si la fin me laisse perplexe (spoiler : ). Je comprends la fascination que cela peut entraîner pour la Grand Nord, mais..Croc-Blanc, je ne le trouve pas sympathique. On me dira qu'il est partiellement loup donc c'est normal, mais...je ne sais pas. Il est brutal - à l'image du roman lui-même, même si certains passages sont plus poétiques et légers.

Ensuite, je continue toujours Les cités des Anciens par Robin Hobb, je viens de terminer le sixième tome. Je c/c wiki sans vergogne : "L'intrigue commence après la fin des Aventuriers de la mer et du deuxième cycle de L'Assassin royal : en échange de la protection du dragon Tintaglia, les Marchands du désert des Pluies se sont engagés à prendre soin des dragons à éclore. Mais ceux-ci, une fois nés, ne sont pas pleinement développés et ne peuvent donc pas voler ni se nourrir seuls. Ne voulant pas qu'une telle situation s'éternise, les Marchands embauchent alors des gardiens ainsi qu'une vivenef et son capitaine pour escorter les dragons vers l'amont du fleuve du désert des Pluies. Leur but : éloigner les dragons et espérer découvrir la cité antique de Kelsingra.". Je précise que je n'ai pas lu l'Assassin Royal, ni les Aventuriers de la Mer ; ça viendra probablement ; mais j'ai apprécié que l'auteur ne considère pas que les personnages non-inédits aux Cités soient connus de ses lecteurs, elle prend le temps de nous les présenter comme il se doit.
Après ça parle de dragons donc j'aime et la partie action/aventure est bien jouée avec les intrigues qui se croisent, mais c'est assez amusant de voir ma sympathie pour certains personnages s'étioler, comme le personnage d'Alise, d'autres me restent sympathiques - relativement- comme Kanaï et Mercor, d'autres me font hésiter - Thymara- et d'autres...j'aime les lire mais je ne les aime pas - Sintara. C'est très perturbant Sceptique  Je regrette néanmoins le côté rushé de certains liens qui se créent entre les personnages, on se demande parfois d'où ça sort...

SINON. J'ai enfin lu du Gemmel, les deux premiers tomes de sa saga Rigante- enfin, relus parce que je les avais lus il y a longtemps. On se situe ici dans un monde celtique pré-romanisation, avec différentes tribus qui peuvent s'opposer ou au contraire commercer ; face à un équivalent de Rome, appelée ici Roc. Dans le premier tome, on suit la jeunesse, la formation et une bonne partie de la vie du jeune Connavar, qui va tenter d'unifier les tribus et se proclamer leur roi ; dans le second, on suit les aventures de son fils Bane. Une fois de plus, pour la partie narration c'est du bon, les aventures de nos deux compères sont distrayantes, agréables à suivre, avec des retournements de situations. (Même si le style est un peu...saccadé ? ) Mais, et c'est là mon reproche... Les gars, vous tombez vite amoureux O_O Après c'est peut-être parce qu'ils viennent d'un monde plus "brutal", "sauvage", "nature", mais je sais pas, je m'attendais à plus de subtilité et de psychologie dans le traitement de ces relations, surtout que leurs conséquences sont assez importantes et à long terme. Après j'apprécie de ne pas avoir trop de moments niais type "han elle est tellement belle" " je crois que je suis amoureux" " non c'est sûr en fait", mais il me manque quand même quelque chose.

Enfin, dernier mais non pas le moindre..Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Un vieux traumatisme d'un cours de littérature que j'ai repris car présent sur une liste de lectures que j'ai pour l'an prochain.
Alors franchement. Ce livre me laisse perplexe. Je sais que c'est une référence et tout, mais..je suis perplexe. Je comprends pourquoi il a eu autant d'impact, que tout se perd dans une espèce d'absurdité nihiliste, il n'y a pas de souci. Les personnages sont très crus, j'ai l'impression qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre niveau moralité. (Après c'est peut-être moi qui attache trop d'importance à cette notion je ne sais pas, c'est la faute à Kant.) Ni niveau sympathie ; même Bardamu, censé être le personnage principal, avec sa tendance à fuir sans arrêt, je ne sais pas, j'ai du mal.Je le comprends au début quand il veut fuir la guerre mais après..
Mais le style. God, le style. J'ai vraiment du mal avec l'argot et le style très familier de l'auteur. Certains passages sont très bien écrits aussi, je le reconnais, notamment ses passages bien ironiques, mais...l'argot je ne peux pas.
Par contre la fin je qsdfghjkl je ne dis rien mais WTF QUOI.
Après j'ai réussi à le terminer donc c'est sûrement signe que je ne l'ai pas autant détesté qu'avant, mais...j'ai connu lecture plus agréable dirons-nous Sceptique Si d'aucuns veulent en discuter, pas de souci cependant Sceptique
Et ce bouquin m'a collé des idées noires. Presque emo


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C'est le gosse de riche typique qui ne se rend pas compte des injustices autour de lui. C'est l'élitisme pur. Une certaine cruauté dans son regard du monde extérieur à sa sphère ultra-privilégiée.
C'est encore un jeune qui n'est pas prêt à assumer toutes les responsabilités qui lui tombent dessus, mais déterminé à faire de son mieux. Le désir de faire son propre nom.
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le Ven 21 Juil 2017 - 21:34
De retour avec mes dernières lectures depuis la dernière fois. :'D Je suis ''déçue'', j'ai pas autant lu, mais avec la reprise de travail et mon overdose de RP, je pense que c'est justifiable... BREF.

(Bonne nouvelle, tout ce que j'ai lu, ce sont des coups de coeur)

Je (re)commence avec l'auteure Ying Chen mais cette fois-ci avec son roman L'ingratitude. Encore une fois, excellent, style que j'adore, mais le propos du livre est lourd : une jeune fille qui se suicide pour échapper aux griffes de sa mère. Le premier chapitre commence comme ça, d'ailleurs, avec la narratrice « fantôme » qui voit son cercueil se faire incinérer. Après tout le livre se forme comme un portrait : les chapitres sont courts, l'histoire n'avance pas nécessairement rapidement ou en ordre chronologique, mais c'est pour mieux apprécier les images, les symboles et l'exploration de la relation mère-fille. C'est entre l'amour et la haine. C'est profondément aliénant. Juste pour le plaisir, un extrait, le premier chapitre (p. 7) :
Spoiler:
« Ils jettent mon corps sur un petit lit roulant, au milieu d'une salle blanche et sans fenêtres. Leurs mouvements sont brusques. Ils me traitent de criminelle. Quand maman n'est pas là, ils ne dissimulent pas leur dégoût.
En général, ils respectent davantage les déjà-morts que les encore-vivants car, devenus moins humains et surtout moins fragiles, les premiers peuvent acquérir, du jour au lendemain, plus d'intelligence, plus de talent, plus de vertu, donc plus de valeur. Mais c'est différent dans mon cas. Ma mort est une honte démesurée, car je m'y suis condamnée moi-même, j'en ai exécuté la peine moi-même. Ils m'en veulent de ce que je ne les aime pas assez, que je m'enfuie de leur royaume. Ils ne graveront pas mon nom sur une pierre comme ils le font pour tant d'autres. Au contraire, ils s'empressent de m'éliminer de la surface de leur terre. Mais il y a bien d'autres corps à brûler. Sur la voie du néant comme sur toutes les autres, il faut faire la queue. Garder la vertu de la patience. Attendre avec un sourire compréhensif. »

Mon gros coup de coeur, c'est Tu aimeras ce que tu as tué de Kevin Lambert. Premier roman de ce gars, originaire de ma ville, il va commencer son doctorat cet automne il me semble et wow il en dégage. C'est un roman choc, provocant, provocateur, tout ce que vous voulez. J'ai rencontré l'auteur durant le lancement de son livre et il a expliqué qu'il s'intéresse à la parole de haine - ce qui se ressent dans tout son livre. Mais j'y trouve aussi une parole très adolescente, très jeune (très actuelle) d'un être qui en a marre d'avoir à souffrir parce que son monde est conçu de cette manière. La justice n'est plus une solution, il ne reste plus que la destruction. Je dois avertir : tout ce que vous pensez pouvoir entrer dans la catégorie des ''trigger warning'', et ben c'est inclus dans ce roman. C'est pas une lecture légère du tout, mais elle demeure, à quelque part, très satisfaisante. Je me suis perdue un peu, je reviens. L'histoire donc, c'est celle d'un garçon, Faldistoire, du primaire au Cégep, et de tous les malheurs qui arrivent dans la ville de Chicoutimi. Des enfants sont assassinés et ils revivent, reviennent à l'école le lendemain comme si rien ne s'est passé. Et ces enfants décideront de se faire vengeance. Encore une fois, je vous mets un extrait (pour celui-là je pourrais en choisir 100) du premier chapitre (Stéréoscopie au crayon-feutre) (pp. 11-12):
Spoiler:
« Dans la classe, la professeure entre. Elle porte une canne et son autorité fêlée, on rit d'elle dans son dos, la vielle sorcière, on est en deuxième année. Elle s'appelle madame Marcelle. On se fait des grimaces, des attrapes, des mauvais coups, sauf quand elle nous regarde ; là, on s'applique fort sur notre feuille. Le local d'arts plastiques rend toujours surexcité, je sais pas si c'est la couleur des murs ou les dessins des autres classes qui sont exposés un peu partout et qu'on regarde avec intérêt, surtout pour les trouver laids, surtout le nom de ceux qui les ont faits, leur faire savoir, à la récréation, qu'ils ont aucun talent. En deuxième année, on aime mieux les arts plastiques que les jeux appris par coeur, que quatre plus six égale dix, dix plus trois treize, et que neuf moins deux six, non, pas six, tu perds une vie, tu retournes derrière la file, t'auras pas de billet pour le tirage du jeu éducatif acheté à Place du Royaume, tu gagneras pas le beau Astérix neuf ni le Garfield, t'auras pas le toutou qu'on peut garder pour toute la fin de semaine et qu'il faut laver le dimanche, parce que le père de Jessica Ménard a fait une plainte au prof à cause que, quand elle l'a gagné, il puait : Simon Lapierre l'avait eu la semaine avant et il l'a rapporté qu'il puait. Quand la classe a su ça, plus personne voulait le toutou, la mascotte-éléphant de notre cahier de français qu'on peut gagner pour trois jours, mais qu'il faut ramener le lundi ou le mardi au plus tard si on l'oublie ou si c'est le lundi ; tu l'auras pas, c'est certain, si tu te trompes à la question du prof quand ton tour arrive dans la file et il arrive vite. Sébastien Forcier a fait une joke quand le prof lui a posé sa question, j'ai pas compris ce qu'il a dit, mais toute la classe rit et moi avec. Je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous disez, ils disent... Vous dites, ils disent. Retourne derrière la file, qu'il dit, Luc Cauchon, le méchant de l'histoire, le prof qui m'envoie copier des fables de La Fontaine tous les vendredis après-midi. Dans les cours d'arts plastiques, madame Marcelle dit, la canne en l'air : dessinez votre maison, la vision de votre maison, ne dessinez pas votre maison, mais votre demeure, là où vous restez, ce qui en sera le souvenir, plus tard, lorsque sur votre lit de mort, vous vous direz : cette maison fut ma demeure. »

Tout en légèreté cette fois (noooon je ne fais pas que lire des trucs super trash 8D).  Chroniques new-yorkaises d'Akino Kondoh. Format bande dessinée. De ce que j'ai compris, il s'agit d'abord d'un web comic que l'auteure a publié pendant quelques années pour relater sa vie à New-York. C'est tout simple, très léger, deux pages par épisodes. Super anecdotique. Sérieusement, je blâme ce livre pour mon envie de voyager actuellement. Peut-être pas à New-York, mais juste... partir et découvrir des « sols inexplorés » aussi bien chez moi qu'ailleurs... Bref, je recommande. Et à défaut de mettre un extrait, je laisse le site web de cette illustratrice ici.

Pour terminer, un essai littérature que j'ai lu : Le degré zéro de l'écriture de Roland Barthes. Sérieusement, c'est réellement facile à lire, c'est agréable, et même si ce qu'il avance est plutôt poussé déjà (la recherche de l'écriture naturelle, la plus « vraie » possible, la plus proche du langage et de la réalité, pour résumer grossièrement), je crois que c'est quelque chose d'accessible dès qu'on s'intéresse une peu à l'écriture, sans nécessairement avoir fait des études en lettres. Je l'ai loué en bibliothèque, mais honnêtement, je crois l'acheter. Malicieux Trop une belle référence, des réflexions qui m'inspirent quant au rôle de l'écriture sans trop se prendre la tête. Voilààà <3


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le Dim 30 Juil 2017 - 23:08
Allez hop, quelques petites nouveautés achevées plus ou moins récemment :

Sept Yeux de chats de CHOI Jae-hoon, cadeau d'Hafiz. Ou comment l'auteur construit et déconstruit un puzzle réflexif sur les variations narratives et l'art des illusions. Une fois passée la première partie, qui n'est franchement pas terrible sauf pour les amateurs de slasher en haute montagne, et au fur et à mesure que les autres personnages déroulent leurs histoires, on en vient à se prendre au jeu du mensonge et à chercher le détail qui sera repris, réinterprété, modifié pour convenir à un nouveau récit ; ce qui constitue l'intérêt principal du roman. Le style n'est en effet pas superbe, assez linéaire, et les personnages sont souvent crispants de vacuité, mais puisqu'ils ne sont là que pour servir la trame et en faire ressurgir les différentes fibres, on leur pardonne. Ou pas, en ce qui concerne les (nombreux) pervers et entités malsaines ou meurtrières qui fréquentent ces pages.
En somme, ce n'était pas la lecture du siècle, inégale dans ses récits, mais elle n'en restait pas moins plaisante si on aime les puzzles et les effets de manche.

Poumon vert de Ian R. MacLeod, dans la jolie petite collection Une Heure-lumière du Bélial'. Ces bouquins sont beaux, déjà - les couvertures surtout. Il s'agit d'un récit court de science-fiction, presque une longue nouvelle, au sujet d'une enfant emmenée par ses trois Mères dans une nouvelle cité, loin des montagnes où elle a vécu, et dans laquelle elle grandira parmi des populations inédites et décidera de son avenir.
Jusque-là, rien de très original.
Sauf que, de un, les populations sont exclusivement féminines, femelles, à tel point que le texte s'est adapté : le personnage masculin (parce qu'il y en aura un) et un personnage féminin donneront un pronom elles, de même que le personnage masculin traité seul sera mis au genre féminin et l'on dira majoritairement elle. C'est curieux au début, mais j'aime cette intelligence. De deux, le monde décrit est majestueux ; dans sa temporalité, sa géographie, sa faune et sa flore, on sent l'imagination fleurissante derrière les images et sa manière exotique d'être déployée et mise en scène. D'autant que l'auteur ne nous prend pas pour des enfants et ne prend donc pas la peine de nous pondre un descriptif pour chaque élément inventé, ce qui est agréable. De trois, le style. Pour les raisons exprimées précédemment, de même que pour la densité de ses phrases, jamais lourdes pourtant, d'une poésie certaine, c'est superbe à lire. Les images éclosent d'elles-mêmes tant le vocabulaire se prête au visuel, comme de fines ciselures tout au long du récit.
Je regretterai juste l'aspect relationnel entre les personnages, qui semblait bien parti au départ et qui, à mi-parcours, se fait prévisible et s'enlise dans une sorte de norme un peu ronflante. Tant pis. C'était joli.

Kalpa Impérial d'Angélica Gorodischer. D'accord, je triche un peu puisque c'est là où je bosse, mais celui-ci en vaut vraiment la peine. Recueil de nouvelles en apparence, tous les récits qui en composent le texte déroulent sur des millénaires l'histoire d'un empire à travers ses multiples légendes et diverses anecdotes relatées sur un ton à la fois impérieux et fabulateur. Contes sur l'émergence de nouvelles villes bâties selon des caprices de rois, batailles sournoisement gagnées par des voleurs, révoltes populaires et perles de sagesse sous les pergolas de cités du désert, chaque narration a quelque chose de grandiose et de vil, une noirceur lumineuse qui, si elle contient une morale, ne l'exhibe pas tel un trophée. Ce livre m'est très inspirant, et si tous les récits ne m'évoquent pas les mêmes sentiments, je les aime tous pour leurs particularités.

Le Chant des souliers rouges de Sahara Mizu. C'est un manga (changeons un peu) d'une extraordinaire dessinatrice - déesse de l'aquarelle, rien que ça - qui parle des blocages et des complexes à surmonter pour faire ce qui nous plaît. D'accord, résumé ainsi, cela ne fait pas vraiment envie, mais si vous y ajoutez un garçon qui veut faire du flamenco (grâce à la promesse sous-tendue par ces fameux souliers rouges), une fille trop grande qui veut faire du basket, une galerie de personnages secondaires absolument attachants et travaillés psychologiquement, une parfaite maîtrise du cadrage, du mouvement fluide, de l'expression juste, et de l'humour fin, tendre.... Eh bien cela donne ça, et mon coeur fond. C'est un des rares mangas que j'achète, tant il est chou.  

Et demain, je commence Le Regard de Ken Liu Agonise


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il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
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le Lun 31 Juil 2017 - 14:44
Vous me faîtes remarquer que j'ai lu bcp de choses ces derniers temps et que ça fait deux mois que je n'ai pas posté.  Bon, du coup, je vais essayer de me souvenir de tout mais j'aurai probablement des oublis.
Actuellement je lis Le Loup des steppes, je laisse Naga en parler si elle en a envie, je dois juste dire que j'aime bien sauf le traité sur le loup qui me tombe des mains.

Je n'ai donc pas dit que j'avais commencé Le fou et l'assassin de Robin Hobb, les deux premiers tomes. J'ai franchement beaucoup d'amour pour ce qu'elle écrit et je suis toujours très admirative de la qualité de ses univers ; j'aime d'ailleurs énormément L'assassin royal dont c'est la suite, et je suis ravie de retrouver les personnages. Mais voilà, c'est vide. Il ne se passe quasiment rien. Juste un message que Fitz ne reçoit pas. Et puis une enfant que j'ai bien du mal à supporter - trop étrange peut-être, trop adulte pour une gamine, je n'arrive juste pas à accrocher. En fait, je me suis battue pour arriver à la fin du deuxième tome, et là, j'ai juste envie de dire "enfin". On a le tome 3 donc je le lirai bientôt, mais bon, je reste quand même très déçue par cette série casanière qui, je trouve, repose beaucoup trop sur ses acquis.

Ensuite j'ai lu Histoire du poète qui fut changé en tigre de Nakajima Atsushi. Je ne me souviens plus de qui me l'avait conseillé, mais je l'ai lu assez rapidement. Je ne suis pas forcément très amatrice de contes ou de nouvelles mais le côté exotique du recueil m'a bien plu. J'ai eu cela dit un véritable coup de cœur pour « Bonheur des îles » : cela se passe dans les îles du sud (jsp lesquelles exactement), un vieux serviteur qui est tout au bas de la hiérarchie rêve chaque nuit qu'il prend la place de son maître ; sa santé s'améliore, sa maigreur disparaît, et il se sent heureux. A l'inverse, son maître commence à maigrir, à se sentir tourmenté. J'ai aimé cet échange. Je peux pas trop dire pourquoi, juste que ça a été le cas.

J'ai lu en un après-midi Pétronille de Nothomb. Bon je vais commencer par un spoiler pcq vraiment :
Spoiler:
les auteurs qui se mettent en scène et se tuent dans leurs œuvres c'est bien mais ça commence à être vu & revu je trouve, dommage.
Outre ce détail, ce fut une lecture rapide mais intéressante sur la relation entre nothomb et une jeune auteur nommée pétronille. Je me suis bien éclatée en fait, mais ce n'est sans doute pas le roman qui me marquera le plus.

Il y a eu aussi La Peste de Camus, je l'ai lu en deux jours - ça m'étonne moi-même. Je n'aime probablement pas autant que Naga et reste probablement plus team étranger pcq + facile d'accès (j'admets ma flemme ok) mais c'est un bon roman. J'ai deviné assez rapidement l'identité du narrateur mais c'était justement ça qui était intéressant. C'est aussi assez éprouvant, je trouve, de voir cette ville lutter contre la peste, toutes les mesures inutiles, les personnages que l'on voit mourir. C'est un roman marquant et impeccable, dur mais envoûtant, et je suis désolé pour Toshi qui ne l'aime pas, mais il vaut le détour. Malicieux

Pour lui faire plaisir, je vais parler de son cadeau, Le monde d'hier de Stefan Zweig. Lourd pavé aux tournures de phrases parfois complexes, c'est malgré tout un beau témoignage sur la période 1890s-1940. C'est passionnant de voir la vie de Zweig, mais aussi très éclairant sur ce qu'ont pu ressentir les gens de l'époque face à la guerre.
Dans le même genre, j'ai terminé samedi le second tome de Prisonnier de Mao de Jean Pasqualini. Cette fois, c'est un franco-chinois, né en Chine, qui raconte son passage dans les camps de travaux de Mao entre la fin des années 1950 et 1964 - date où, avec l'établissement des relations diplomatiques franco-chinoises, il est libéré. C'est un livre unique, je trouve, qui nous défait de pas mal d'idées reçues : le camp à la chinoise, c'est le lavage de cerveau, sans violences. La propagande est tellement subtile que Pasqualini avoue qu'il a fini par y croire lui aussi, comme tout le monde. Et c'est précisément cela qui rend le livre fascinant : il n'y a pas d'amertume ni de dénonciation dedans. Il ne fait que parler de son histoire, des gens qu'il a rencontrés, et au final, c'est très humain. C'est une lecture je ne regrette absolument pas.

Pour finir, j'ai eu l'occasion de lire du Dazai Osamu et ça y est je suis fan. Je voudrais juste revenir sur mes deux préférés.
Le premier, c'est Pays natal. Une sorte de récit de voyage un peu romancé, où Dazai raconte son retour dans sa région d'origine, à Tsugaru. C'est extraordinairement beau et poétique - et de loin une œuvre très positive, car il s'agit, au fond, d'un bel hommage aux habitants de cette région, qu'il a côtoyé, mais aussi à la nourrice qui dans le fond l'a presque élevé. Il plonge également dans les sources pour en présenter ce qui est dit de Tsugaru (spoiler alert : pas grand-chose) et pour essayer de redorer l'image de ce petit coin campagnard sans grande gloire. J'ai eu envie de m'y rendre - mais évidemment, les choses ne seraient plus pareil aujourd'hui. Franchement, c'était merveilleux.
Et puis il y a eu Soleil couchant. Ce roman que j'ai tant aimé que pendant des jours après, j'ai regretté de l'avoir fini. Je n'avais qu'une seule envie : revenir au soleil pour poursuivre ma lecture. C'est l'histoire d'une jeune femme de l'aristocratie, qui vit seule avec sa mère en attendant le retour d'un frère qu'elle n'apprécie que moyennement, et qui doit déménager à la campagne, là où elle regarde sa mère mourir à petit feu. Le narrateur est une femme, et j'ai parfois du mal à comprendre ses motivations : elle est dévorée par l'envie d'avoir un enfant, elle se lance à corps perdu dans la rédaction de lettres où elle explique son désir auprès d'une connaissance de son frère. Très franchement, je ne la comprends pas - mais je comprends plutôt son frère. C'est ce que j'aime lire chez Dazai de toute façon, il y a ces personnages désespérés, happés par l'envie du suicide, et leurs souffrances me parlent. Au final, c'est un roman mélancolique et d'une profonde tristesse, et c'est sans doute ce que j'ai trouvé de vraiment marquant. Je sens que ce roman me travaille et que je le relirai un jour.


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Ancien vice-commandant du Shinsengumi, aujourd'hui chef de brigade à l'Institut.

Ton histoire est celle d'un simple paysan qui a voulu s'élever, transcender les classes de sa société ; et devenir samurai, en adopter les valeurs et le mode de vie. C'est celle d'un homme qui a voulu rêver.

Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Lun 31 Juil 2017 - 21:17
Vas-y, je vous déteste, vous me donnez trop de bonnes idées de lecture là

Sinon Sneug, je viens de relire La Peste et j'ai bien aimé bizarrement. Faut dire qu'à l'époque, j'avais du le lire pour le bac de français ce qui n'est pas toujours le meilleur moyen de découvrir un livre vous en conviendrez Sceptique 8 ans après et un peu de maturité intellectuelle en plus, ça va mieux. Un bon gros classique redécouvert. Il faut que je relise La Chute maintenant.

Ravie de savoir que Le monde d'hier t'a plu, c'est vraiment un livre qui me tient à coeur, de même pour Le Loup des Steppes qui a été une vraie révélation pour moi. Je crois que je me retrouvais un peu trop dans le personnage principal.Sinon oui le passage du traité est méchant :ccc J'ai fort hâte de lire l'avis de Naga dessus du coup !

Et Amélie Nothomb quoi

Sinon comme promis je poste. Comme certains le savent, j'ai une liste obligatoire de lectures pour cet été, donc ça me fait prétexte à poster ici. Je posterai pas tout du coup, honnêtement j'ai la flemme et ça ferait un pavé inimaginable 8D

Vu que je l'avais déjà sous la main, j'ai commencé par relire Mémoires d'une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir. Je le relis de temps en temps, j'aime bien.Ca doit être l'ambiance de la France au début du XXème, je ne sais pas. Niveau style c'est un peu lourd et emphatique, ça tombe un peu dans la prédestination ( comme si l'auteur se réécrivait à posteriori, avec des phrases du type " un extrémisme auquel je n'ai jamais tout à fait renoncé" etc etc ), Simone de Beauvoir n'apparaît pas toujours comme une enfant fort sympathique, certaines de ses préoccupations me passent un peu au-dessus de la tête ; et pourtant. En le relisant, toutes ses interrogations post-bachot, je les comprends alors qu'au début je trouvais qu'il s'agissait des passages les plus chiants. Allez comprendre 8D

Et en parlant de l'Etranger de Camus, je l'ai lu. Je l'ai trouvé assez facile à lire, plutôt agréable, vraiment intéressant mais je m'interroge sur l'apathie émotionnelle du personnage principal pendant une grande partie du roman. Et la scène du procès, mon dieu, cette parodie de justice quoi

Sinon je me suis attaquée au Blé en herbe de Colette.Roman à propos de deux adolescents, de leurs relations, de l'amour qui les lie et qui va être troublé par une mystérieuse dame en blanc. C'est subtil et cruel à la fois, et je ne parle pas de la fin

Parlons auteurs plus contemporains maintenant. J'ai découvert Emmanuel Carrère grâce à son livre autobiographique Un roman russe. Que dire. L'intrigue est intéressante, en soi : cela commence par un reportage sur un prisonnier hongrois incarcéré en Russie, qui va donner envie à l'auteur de s'interroger sur l'histoire de sa famille maternelle - il descend d'aristocrates géorgiens ayant fui la Révolution-, de vouloir écrire un livre dessus, et de revenir dans la ville où il se trouve pour faire un reportage. Sauf qu'à cette histoire se mêle sa vie personnelle et c'est là que le bât blesse ; ce type est un hypocrite. Ne pas réaliser qu'il est un privilégié car venant d'une famille à particule aisée et tiquer quand sa copine dit qu'elle se sent pas à l'aise dans son cercle de relations trop "sophistiquées", reprocher à sa compagne presque la même chose qu'il lui fait, se montrer possessif et avide de garder le contrôle, ignoble en gros ; non, franchement. Ambiance mitigée donc.

Et enfin, pardon pour ma brutalité mais le nadir du bon goût : Plateforme de Michel Houellebecq. Je crois que je n'ai jamais été aussi fâchée par un livre. Après j'aurais sans doute du regarder le résumé plus en détail mais je crois qu'au final ça n'aurait pas changé grand-chose. Le fond : un type part en vacances en Thaïlande et "réalise ce que veulent vraiment les gens en vacances", à savoir le sexe. Ce qui donne l'impression que l'auteur, ou du moins son personnage, soutient le tourisme sexuel.PASSONS. La forme : c'est sexiste, vulgaire, obscène, j'ai des scènes de fesses et des sous-entendus grivois en veux-tu en voilà. L'auteur a un problème avec les femmes ça se sent.Et pourtant l'ambiance reste monotone. Monocorde presque, c'est gris, pesant, déprimant. Après cet auteur a la réputation d'être un provocateur, je le sais bien ; mais sur le coup, j'étais vraiment en colère, et c'est la première fois que ça m'arrive à cause d'un livre. A voir si c'est pareil avec tous ses bouquins, mais je compte pas dépenser mon argent pour en acheter

Je termine sur un coup de gueule, mais mon prochain post sera plus léger et optimiste c'est promis Malicieux


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Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
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le Lun 31 Juil 2017 - 22:22
En vrai, ça fait plus d'un an que je n'ai pas posté. Malicieux Mais mon voisin désirait connaître mon impression sur son cadeau, du coup, je me fais violence pour répondre. Ö

Donc, d'abord, pour revenir sur ce qui a été dit plus haut, je n'ai lu que le premier tome de Pasqualini, mais je l'ai trouvé génial aussi. Brille
Et puisque je suis dans ma période oppression, j'ai terminé hier Par delà le crime et le châtiment, essai pour surmonter l'insurmontable de Jean Améry, qui a été déporté à Auschwitz en tant que résistant et juif (son arrière-grand-père l'était) et qui a été profondément marqué par cette période. C'est un livre à mon père, qui l'a beaucoup aimé, mais j'ai un peu moins accroché. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un témoignage de ce qu'il a vécu, plutôt d'une façon d'intellectualiser ce qu'il a vécu, et je trouve qu'en lisant, on ne sait pas trop où il veut en venir : exprime-t-il ce qu'il ressent après Auschwitz ou essaie-t-il d'en tirer des vérités générales et métaphysiques ? Ce problème de démarche a perduré jusqu'à l'avant dernier chapitre, où il assume enfin son ressentiment et l'exprime tel qu'il le ressent - mon chapitre préféré. Je trouve dommage que ça arrive aussi tard, parce que pendant les premiers chapitres, j'ai été surprise de voir le peu de solidarité qu'il pouvait y avoir entre lui/sa classe et les autres prisonniers, les oppositions de classe sociale et de race sont en fait très marquées, et s'il vise à la généralité, ça va être forcément être gênant.
Au final, il y a de très bonnes choses, de très bonnes réflexions (sur la torture, la violence, sur ce qu'est d'être juif à cette période et après, sur l'insécurité qu'il ressent en permanence et qui ne l'a jamais quittée), mais parfois, on sent que le ressentiment l'emporte et qu'il a besoin d'exprimer son mal-être, quitte à être un peu partial.
(oui, c'est un peu frais dans ma tête, donc je m'étends là-dessus)
Et aujourd'hui, j'ai attaqué l'intro & la préface de la première autobiographie de Frederick Douglass (ancien esclave noir du Maryland qui s'est enfui grâce à sa fiancée et qui est devenu un militant anti-esclavagisme et féministe important). Je n'ai pas grand chose à dire pour le moment, et je ne pense que j'en aurai beaucoup parce que c'est du classique.

Venons-en à Camus. Vu que j'avais eu la Peste de Sneug, l'envie m'est venue de relire tous les Camus que j'avais dans ma bibliothèque. J'adorais Camus, mais après avoir lu la Peste, je trouve ses autres œuvres moins marquantes.
Ouais je saurais pas trop dire pourquoi, mais la Peste, ben ça a été un gros coup de cœur, ça m'a pris aux tripes quand je l'ai lu, un truc de dingue, ça m'a remuée de l'intérieur, et je me suis vraiment senti vide quand je l'ai fini parce que... je sais pas en fait. Mort de rire Le style, peut-être ? Il est parfois un peu répétitif, légèrement abstrait et fataliste, mais je l'ai aimé de tout mon cœur. La façon dont la peste est présentée, aussi, peut-être. Non, je crois que c'est le récit de personnes frappées par cette épidémie et qui doivent vivre avec alors que la seule chose qu'on aurait envie de faire, nous, c'est de fuir. Ils ne sont pas forcément courageux, ils vivent avec, mais ce faisant, ils sont courageux. Le récit est vraiment froid, impersonnel (ou presque), tout ce que j'aime.
C'est ma vie.

Et pour mon voisin (qui s'impatiente) : mon avis sur Le Loup des steppes, d'Hermann Hesse, que je résumerais en disant que c'est l'histoire d'un type qui se plaint tout le temps et qui ne sait pas être heureux.
Non, sérieusement, j'ai immédiatement pris en grippe Harry, le personnage principal et narrateur, qui est tout simplement INSUPPORTABLE à toujours se plaindre et à se conduire comme un héros dramatique. Tel un bon dépressif, Harry flirte sans cesse avec le malheur, s'empêchant d'être heureux pour des raisons un peu absurdes. Sauf que je ne suis pas sûre qu'Harry est vraiment censé être dépressif, et c'est bien là le problème. Du coup, j'ai plutôt bien aimé le traité, qui le rabaisse bien gentiment et qui rappelle qu'Harry est bien un personnage critiquable. Oh, et j'allais oublier qu'il est aussi super condescendant, c'est pénible.
Heureusement, les personnages secondaires sont adorables, et l'arrivée d'Hermine a été une véritable bouffée d'air frais parce que, ENFIN, quelqu'un malmène (pour son propre bien) le Loup des steppes. Elle est un peu bizarre, Hermine, il faut le reconnaître, mais elle a un côté androgyne vraiment cool. C'est peut-être un peu dommage qu'elle soit essentiellement rattachée à la sensibilité, mais sinon, je l'aime beaucoup.
Mais mon véritable coup de cœur va à Pablo, le saxophoniste, qu'Harry déteste au premier coup d'œil et qu'il va finalement apprécier. Ce que j'aime chez Pablo, c'est qu'il est tout ce que Harry déteste chez la société (joueur de jazz, musique qu'il méprise au plus point, mondain, qui évite les discussions intellectuelles sur la musique), et pourtant, ce n'est pas le personnage vide que le Loup des steppes. Mais je n'en dirai pas plus parce que no spoil.
Du coup, quand Harry ne se plaint pas, c'est plutôt une lecture sympa.


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Ton histoire est celle d'une étoile filante, une comète qui a brillé brièvement mais avec intensité dans l' histoire du Japon. A l'image de la floraison de la fleur de cerisier, si éphémère mais si glorieuse.

Ton histoire est noble et tragique, comme le masque du tyran que tu as prétendu être, le chef sévère mais au fond qui se préoccupait trop de ceux qu'il aimait.

Ton histoire enfin maintenant, c'est celle d'un homme à qui l'on a volé son destin, qui le sait - et qui essaie d'avancer malgré tout ; qui change tout en ne changeant pas. Immuable comme la terre, immatériel comme un courant d'air, mouvant comme l'eau, et brûlant toujours du même feu intérieur.

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le Mar 1 Aoû 2017 - 13:26
Naga Umiaktorvik a écrit:Du coup, quand Harry ne se plaint pas, c'est plutôt une lecture sympa.

Ok ça c'est dit
Mais contente qu'il t'ait plu quand même  

Oui je reposte vite, mais comme j'avais lu tous les bouquins de mon précédent post plus celui-là à la suite, forcément...

Sur conseil de mon brave fiston Mirai, j'ai lu  le premier tome de Shikanoko par Lian Hearn, l'auteur du Clan des Otori. Une série que j'aime avec passion sauf le tome 4 mais no spoil Malicieux Bref, Shikanoko, ça se passe dans le même univers que les Otori dont c'est la préquelle. On suit les aventures de Shikanoko, fils de chef de clan orphelin et finalement laissé pour mort par son oncle avant qu'il devienne un homme et ne puisse faire prétendre ses droits. Trouvant refuge chez un sorcier, il finit par se retrouver impliqué dans une situation passablement compliquée, entre intrigues de cour et rivalité entre grands domaines féodaux. Je ne dirais pas plus pour ne pas spoiler car je l'ai juré à Seung sur mon honneur Sinon mon avis. Honnêtement, je l'ai dévoré en quelques heures, donc j'ai aimé. Après c'est très différent des Otori, notamment par la plus forte présence d'éléments surnaturels ou magiques avec des sorciers, des charmes un peu chelous, là où les Otori étaient plus..factuels/réalistes mis à part l'existence de la Tribu ? Après, c'est peut-être car ça se passe bien avant et du coup, ce genre de talents étaient plus fréquents etc etc comme l'auteur semblait le sous-entendre.  Après le style est différent, mais toujours aussi agréable, peut-être un poil moins lyrique. Je regrette juste une impression de.."confusion", avec la multiplication des points de vues et des intrigues. Je devrais sans doute le relire à tête reposée car j'ai peut-être un peu trop rushé Sceptique Bref une lecture agréable, pas le roman de l'année mais pour une lecture détente, c'est agréable 8D

Et après, je me suis remise au travail, avec la Condition Humaine de Malraux, qui traite de l'insurrection communiste en Chine de 1927. J'aime surtout la façon dont le roman est construit en plus partie avec des jours, dates, lieux précis un peu à la manière d'un reportage, ça donne une impression très vivante, très agréable, et surtout ça crée un suspense terrible. Les personnages sont bien construits, hauts en couleur, avec mention spéciale à Kyo et au baron Clappique, il est marrant lui Malicieux C'est très dense, très philosophique mais franchement je le recommande.

Ensuite, j'ai lu Rimbaud le fils de Pierre Michon. Déjà, Rimbaud Plutôt que de chercher à faire une énième biographie du personnage, l'auteur décrit de façon un peu lyrique ses relations avec certaines personnes importantes, comme sa mère, Izambard, Verlaine bien sûr, etc. J'ai plus eu l'impression d'une sorte de fresque, en fait, une grande évocation mais peut-être un peu superficielle. C'est ce que je regrette Sceptique Sion là aussi, lecture agréable, plus facile que Malraux ça c'est sûr xD

Passons maintenant à Sartre, La Nausée. Là aussi un classique, mais il fallait bien que je me lance un jour où l'autre dans cet auteur dont je connaissais surtout l'oeuvre philosophique. Après avoir relu du Simone de Beauvoir ça faisait sensEt honnêtement, j'ai été agréablement surprise et j'ai beaucoup aimé, lui aussi je l'ai dévoré littéralement. Ce que j'ai aimé aussi, c'est qu'à partir d'un certain moment, c'est vraiment l'incarnation de la pensée sartrienne avec ses vertiges, mais pourtant présenté d'une façon moins contraignante que dans un traité de philosophie classique. Surtout pour moi qui ai toujours été une brêle en philo >_>

Petit saut dans le temps, je suis ensuite passée à Boris Vian, J'irais cracher sur vos tombes, qui narre l'histoire de Lee Anderson, métis fils de mulâtre (mais blond) qui arrive dans une ville du Sud des Etats-Unis, donc forcément racistes, et qui se lance à la conquête de deux sœurs venant d'une grande famille bourgeoise. Pourquoi ? Je le laisse découvrir 8D Bref que dire, c'est bien écrit, ça se laisse très bien lire, mais du coup peut-être y a-t-il un peu trop de scènes de fesses à mon goût - mais au moins, elles sont bien écrites, de façon autrement plus distinguées que dans Plateforme.
Une bonne lecture, donc, mais à ne pas recommander aux âmes sensibles.

Et je conclurai par La Modification de Michel Butor. A priori le résumé n'a rien de folichon : un homme prend le train pour aller à Rome retrouver sa maîtresse. Et pourtant. Il va s'en passer des choses durant ce voyage, entre les mouvements des personnages, les changements d'état d'esprit du narrateur, etc. Une des particularités du roman étant cette fameuse narration en vous qui interpelle et perturbe un peu. Je ne spoilerai pas la fin, mais elle m'a surprise, je ne la sentais pas venir Sceptique Mon seul regret, peut-être un style très dense avec de grandes périodes à la Proust qu'il faut réussir à suivre.


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il est de ces gens qui ne se distinguent pas des autres. ni fragile ni fort, il est une force tranquille qui cherche à s'intégrer. patient, il observe le déroulé des saisons, attend son œuvre. sora n'est pas pressé. il n'a plus envie de vivre son existence pour lui-même - il cherche quelqu'un, un ami pour qui il offrirait sa vie. alors souvent il erre à pallatine. il sait se défendre. il ne se soucie pas vraiment des dangers. on dirait parfois qu'il n'est pas vraiment là, qu'il ne s'est jamais vraiment rendu compte qu'il avait quitté la terre.
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le Mer 2 Aoû 2017 - 19:37
Vu que je viens de terminer à mon tour Le Loup des steppes, je viens apporter ma pierre à l'édifice. J'ai trouvé ce livre un peu dur : je ne comprends pas vraiment ce que l'auteur cherche vraiment à dire, mais c'est bien plus comme si j'en avais le sentiment, sans parvenir à mettre des mots clairs dessus. Et puis le style est un peu lourd : il est vrai que c'est une traduction, mais l'accumulation de substantifs et/ou d'adjectifs visant à préciser une scène est du fait de l'auteur, et franchement, je n'ai pas l'impression que tous apportent vraiment du sens.
Dans l'ensemble, je suis plutôt de l'avis de Naga. Harry Haller est un personnage crédible sur le plan psychologique, et qui illustre parfaitement cette idée que chaque être a des centaines d'âme. C'est un personnage vraiment divisé, mais dans l'ensemble, il se contredit beaucoup. A vrai dire, je trouve ça un peu inquiétant que tu te sois retrouvée en lui, Toshi. Mort de rire  J'avoue que certains points m'ont aussi fait penser à moi, c'est vrai, comme cette volonté empoisonnante de vouloir s'extraire de sa société, au point de s'en trouver malheureux, et de critiquer sans cesse cette bourgeoisie à laquelle il aspire sans même s'en rendre compte. Mais en dehors de cela, c'est quelqu'un qui conceptualise beaucoup trop son existence (c'est justement le problème du traité, beaucoup de mots, au point que l'on se noie sous les idées) - bref on sent vraiment la philosophie poindre son nez (en même temps, il parle de logos à un moment, personne ne parle de logos à part les philosophes). Et puis, il est tout de même agaçant à porter un tel regard méprisant sur les autres, à parler de suicide avec beaucoup de naïveté, un échappatoire effrayant mais nécessaire qu'il finit par aborder de façon métaphorique, à songer à tuer quelqu'un sans s'en émouvoir (oui, je le trouve un peu sociopathe, ce Harry, peut-être pas dans le sens purement psychologique mais dans son attitude).
Mais puisqu'on parle de personnage, je dois témoigner mon amour d'Hermine, de Maria et de Pablo. J'ignore d'ailleurs lequel je préfère entre la première et le dernier : comme le dit Naga, ce sont des personnages qui se laissent porter par leur sensualité, par leur plaisir (de la musique pour Pablo) mais qui ne sont pas dénués d'intelligence. C'est à leur arrivée que j'ai fini par ne pas lâcher le livre. Et si j'ai encore un peu du mal à comprendre le sens caché derrière le théâtre magique, j'ai trouvé ce passage génial.
Et finalement, je pense que, même si beaucoup de choses me paraissent encore obscures (mais n'est-ce-pas justement à cela que l'on reconnaît une vraie œuvre ^^), ce livre m'aura donné une petite claque en me disant d'arrêter de s'apitoyer sur soi-même. De ne pas s'enfermer trop dans l'intellect pour ne pas oublier de vivre. Enfin voilà, si cela se trouve, je passe complètement à côté de la plaque, mais est-ce vraiment si grave si, au final, j'en retire quelque chose de positif ? Je ne crois pas.

(Bon alors je me permets une petite parenthèse : je crois que ce sujet va définitivement effrayer certaines personnes, vu comme on ressemble trop à des intellos qui passent leur vie dans les bouquins. )


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Hafiz est un iranien d’origine qui fut sauvé in extremis par son transfert à Pallatine lors de la révolution qui eut lieu en Iran et qui chassa le Shah ainsi que les étrangers. Son talent est tout simplement d’être capable de cuisiner un peu n’importe quoi et de lui donner bon goût, sans pour autant tomber dans le repas chic. Il a rejoint la diaspora des Altermondialistes en grande partie par conviction mais ne s’implique pas spécialement dedans pour le moment. Mais, depuis les évènements qui ont ébranlé Pallatine et l'attaque contre le restaurant où il travaillait, lui ont montré qu'il ne pouvait pas rester tel qu'il était. Il a décidé de reprendre sa vie en main. De se battre pour ce qu'il veut. De ne plus être une personne passive. Et pour cela il va s'endurcir. Oh il ne va pas devenir un lion mais il ne laissera personne lui marcher sur les pieds à l'avenir. Et cela commence maintenant, avec un rapprochement avec sa diaspora.
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le Mer 2 Aoû 2017 - 23:51
Ma présentation va être tellement brouillonne face aux précédentes que j'en ai limite honte. mais je me lance quand même. Malicieux

Journal d’un marchand de rêves de Anthelme Hauchecorne :

Le résumé est assez simple. Le fils d’un célèbre acteur de cinéma hollywoodiens est un raté dans le domaine du cinéma. Tout ce qu’il fait est plutôt moyen, voire archi mauvais. Bien sûr il déçoit son « monde » mais surtout son père (celui-ci pensant que cela influence sa carrière). Et puis, sans avoir rien demandé, ce jeune homme se retrouve capable d’arpenter le monde des rêves. Ce monde est bien sûr divisé en deux groupes bien distincts : un Etat bien organisé avec des règles strictes et des « rebelles » qui ne s’intéressent qu’aux bénéfices. Forcément le jeune homme se retrouve embarquer dans des histoires qui l’amènent hors de la légalité et à un peu le cul entre deux chaises.  Sceptique
Clairement, cet ouvrage n’est pas le meilleur que j’ai lu. Loin de là. Je trouve que l’histoire raconté n’a rien de bien originale. Je ne dirais rien pour éviter le spoil mais plusieurs des surprises de l’auteur se voient à des kilomètres. La surprise n’a été que rarement au rendez-vous malheureusement. L’histoire d’amour entre le personnage principal  et le principal personnage féminin n’a pas non plus géniale. Et leur relation c’est un peu n’importe quoi je trouve.  face palm
Je l’ai lu de bout en bout sans problème mais il est vrai que ce n’est pas un ouvrage que je conseillerais de lire. Je suis donc très mitigé sur ce livre ainsi que sur l’univers. Certaines explications peuvent paraitre tirées par les cheveux.

L’héritage des rois-passeurs de Manon Fargetton :
L’histoire est assez simple dans cet ouvrage. Une personne sur Terre a la capacité de passer dans un autre monde appelé « Ombre ». Ce don se retrouve en possession d’une jeune femme alors que l’ensemble de sa famille s’est fait massacré. Bien évidemment, à partir de là, son but va être simplement de se venger des assassins de sa famille. Mais peu à peu, on découvre que les deux univers sont bien plus reliés qu’on ne le pense. Et ce n’est pas que pour le meilleur.  Malicieux
Alors pour commencer, c’est un livre que j’ai beaucoup aimé. Comme précédemment, il ne transcende rien de particulier. Cependant, le fait que la magie ne soit pas des plus présentes dans l’univers fait un peu de bien. Il l’utilise mais cela reste très effacé. J’ai également beaucoup aimé le fait que les chapitres de l’histoire soient séparé par des petits flashbacks expliquant certains événements des deux mondes.
Clairement, le personnage de l’héroïne n’est pas très intéressant. Du début à la fin, elle ne pense qu’à se venger et cela devient saoulant au fur et à mesure que l’on avance. Personnellement, je trouve qu’elle ne prend pas le temps de découvrir le monde qui l’entoure, contrairement à l’un de ses compagnons de la Terre, et elle tourne un peu en rond.  Sceptique
A l’inverse, je trouve les autres personnages un peu plus intéressants, en particulier les entités supérieures qui tentent de tout contrôler sans forcément y arriver. De même, l’aspect politique du royaume d’Ombre semble être un véritable méli-mélo  qui se dévoile au fur et à mesure de l’histoire, en prenant son temps. La constitution progressive des deux camps a été un plaisir pour moi. Mais bon, on sait qui est gentil, qui est méchant et l’héroïne ne me parait pas des plus intéressante avec sa quête personnel.
Mais sinon, je le conseille car j’ai passé un plutôt bon moment.

La geste du Sixième royaume de Joe Abercrombrie :
Dans ce livre, il est question de raconter la plus grande épopé du Sixième royaume, en l’occurrence une forêt, incarnation même de la nature vivante et habitant toutes les races mythiques. Le reste du monde se compose uniquement de royaumes humains très différents ne croyant pas les légendes concernant cette forêt. Sauf que Cet ouvrage évoque le combat entre deux entités divines, l’une défendant la nature et l’autre défendant l’urbanisme et le développement des hommes. Chacune de ces entités s’entourent de 6 champions, nommés en fonction de pièce d’échec. Les 6 héros que nous suivons sont les champions de la forêt. Sauf qu’ils ne sont pas préparés contrairement à leurs opposants. (Je n’en dirais pas plus)
Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est que la barrière entre les deux camps s’estompe extrêmement vite. Je n’ai pas eu le sentiment d’avoir à faire avec un manichéisme bateau du genre « la nature faut la présenter ». Les deux entités ont recours à tous les moyens possibles pour gagner leur guerre millénaire. De plus, bien que les héros de la forêt soient mis en avant, leurs homologues adverses ont tout de même une histoire que l’on apprend au fur et à mesure des chapitres.  Brille
Je suis sorti très heureux de cette lecture et je vous la conseille, même si ce n’est pas forcément novateur pour sûr.

Les Héros de Joe Abercrombrie :
Contrairement au livre précédent, vous pouvez oublier toute existence de magie. Cet ouvrage n’évoque que des humains qui se battent entre eux. Et, littéralement, c’est les Sudistes contre les Nordistes pour une question de territoire. Les premiers semblent être une armée de métier, bien organisée, avec des règles strictes. De l’autre, on a plutôt à faire à un système clanique. C’est bien évidemment le plus fort qui gagne le droit de diriger mes autres groupes.
Le livre se découpe en partie, représentant les différents jours qui passent, avec les plans des mouvements de troupes en début de partie ; Lors de l’histoire, nous suivons des personnages des deux camps, permettant ainsi de nous émerger dans ce conflit plus facilement. Pour ma part, je n’ai pas réussi à savoir lequel des deux camps étaient le meilleur mais je ne pense pas que ce soit important.
Mais ce que j’ai aimé plus que tout, c’est le côté très humains des personnages et surtout, le facteur chance qui touche la guerre. Il y a des héros, certes, mais ils se construisent au fil de l’histoire. Et pourtant, le lecteur sait que ce ne sont pas des héros. Aucun des personnages n’est parfait. Vous allez voir mourir des types dont vous n’entendrez le nom qu’une fois. Les combats sont un bordel monstre mais c’est ce qui les rend bons. D’ailleurs, certains « duels » sont vus par le biais de plusieurs personnages parfois.
Ce livre a été un régale et je vous le conseille beaucoup, surtout en ce qui concerne le travail des personnages et la façon dont on apprend à les connaitre en avançant dans l’histoire.  

Renégats de David Gemmel :
Vous ai-je déjà dit à quel point j’aimais cet auteur ?  Youpi
Franchement, ce livre a été un plaisir (je le dis tout de suite sans honte) et pourtant, l’histoire ne se passe pas dans l’univers de Drenaï comme c’est le cas pour les livres évoquant Druss la Légende (mon préféré pour l’instant Cœur ) ou Skillgamon.
Le résumé de l’histoire est : Il y a quelques années existaient un ordre de neuf chevaliers qui devaient assurer la sécurité du royaume et qui servaient un peu de juge. Il chevauchait perpétuellement pour faire triompher le bien grâce à leurs armes et armures magiques. Sauf qu’un jour, leur sorcier-forgeron les incite à se rendre dans le monde des démons pour arracher le mal à sa racine. Parmi les neuf chevaliers, huit traversèrent le portail, le dernier ayant trop peur pour s’y rendre. Depuis, un nouvel ordre est apparu, les chevaliers rouges, qui représentent le mal et la corruption. Le pire étant qu’ils se trouvent au côté du roi qui semblent lui aussi perdre de sa droiture.
L’histoire va donc suivre plusieurs personnages dont le chevalier renégat, le sorcier-forgeron, plusieurs chefs de brigands/rebelles ainsi qu’un jeune garçon. Leurs histoires vont bien évidemment se lier et ils vont incarner ceux qui s’opposent à ce nouvel ordre. Ils vont d’ailleurs tenté de faire renaitre les Neuf mais il est difficile de tous les convaincre. J’ai trouvé cette histoire très intéressante et, même si le manichéisme est très marqué, cela ne m’a pas déranger. J’avoue que j’ai voulais que les Neuf l’emportent contre leurs homologues maléfiques.
Le style de Gemmel est toujours aussi agréable et, bien que la fin se fasse un peu en accéléré (avis perso bien sûr), cela ne m’a pas posé problème.
Donc lisez-le, il est vraiment cool.

J'espère que je vous aurez donné envie d'en lire au moins un Oh


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il est de ces gens qui ne se distinguent pas des autres. ni fragile ni fort, il est une force tranquille qui cherche à s'intégrer. patient, il observe le déroulé des saisons, attend son œuvre. sora n'est pas pressé. il n'a plus envie de vivre son existence pour lui-même - il cherche quelqu'un, un ami pour qui il offrirait sa vie. alors souvent il erre à pallatine. il sait se défendre. il ne se soucie pas vraiment des dangers. on dirait parfois qu'il n'est pas vraiment là, qu'il ne s'est jamais vraiment rendu compte qu'il avait quitté la terre.
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le Lun 14 Aoû 2017 - 16:53
Bon, je reprends déjà mes petits commentaires pour vous parler de mes quelques dernières lectures.

J'ai relu La vie est un songe de Calderón, pièce que j'avais lu je crois en prépa, et pour ceux qui ne la connaissent pas, sans doute l'une des plus connues du théâtre baroque espagnol (et ma seule incursion dans le théâtre espagnol tout court en fait, à cette heure). A l'époque, c'était une pièce qui m'avait beaucoup marquée et j'ai eu envie de la relire. Même si j'ai tenté de lire l'introduction, mais elle m'est tombée des mains. Mon édition a été commentée par un agrégé de lettres, ce qui la rend à peu près inaccessible au commun des mortels. Moi compris. Si jamais vous l'avez, je vous conseille de ne lire les notes que si ça vous inspire. Sinon, c'est deux-trois notes par pages en moyenne (j'exagère à peine) et très souvent un pavé qui peut parfois dépasser la page en terme de longueur. Impossible de tout lire, franchement, et je ne pense pas que ce soit le but de toute façon.
La pièce se déroule en Pologne () mais les noms sont à peu près tous espagnols (), ce qui est le premier indice que non, on n'est pas censés lire la pièce au sens littéral. En fait, c'est l'histoire de Sigismond, un prince enfermé dans une tour isolée depuis sa naissance, car on a prédit qu'il serait un roi monstrueux et qu'il détrônerait son père. Son père décide de révéler son existence et de le faire monter sur le trône ; et, si jamais il se révèle un héritier indigne, il pourra toujours être ramené dans sa tour, où il pourra croire que ce qu'il a vécu n'était jamais qu'un songe (et le voilà le titre Mwahaha ).
Ce qui m'a frappé en le relisant, c'est ce style lourd, soigné mais longuet - bref, c'est là qu'on comprend ce que ça veut dire, "baroque". Mort de rire  Et surtout, cela m'a fait penser à l'allégorie de la caverne. Et il paraît que c'est un peu ça, si j'ai bien compris ce que j'ai réussi à lire de l'intro : Sigismond comme allégorie de l'humanité, enfermée dans sa caverne, et qui en sort et évolue. Avec cependant le poids du christianisme et la présence de Dieu. Enfin, un truc comme ça, faut pas me demander. Et bon, du coup, je sais que je finirai par la relire encore, pcq si je comprends bien l'intrigue, comme celle-ci n'est qu'un prétexte, bah au final je comprends pas grand-chose.

Et puis j'ai terminé (même si j'ai encore 2-3 appendix que je veux lire) The Narrative of the Life of Frederick Douglass (donc je vous laisse deviner l'auteur), une des autobiographies d'un ancien esclave que Naga a emprunté à la BU. En vo, pcq je suis bg et globalement je peux remercier tous les profs d'anglais + mon cours de khûbe de m'avoir blindé sur l'esclavage en Amérique, car ça ne m'a pas posé de problèmes de lectures particuliers. L'œuvre est publiée en 1845 et y raconte sa vie depuis sa naissance jusqu'au moment où, esclave en fuite, il s'installe dans le Nord, non esclavagiste en vertu du compromis du Missouri de 1820 (vous avez vu, je vous avais dit que je savais des choses ^^ pcq c'est pas lui qui va vous l'expliquer). L'introduction de l'édition anglaise est excellente d'ailleurs, même si elle ne remet pas l'œuvre dans un contexte plus large, ça suppose que vous ayez une connaissance minimale des grandes dates de l'histoire américaine. Mais elle donne des clés d'analyse de l'œuvre intéressante et compréhensibles (plus que dans La Vie est un songe si vous voyez ce que je veux dire).
C'est un témoignage vraiment intéressant, engagé, et qui remplit son but. L'esclavage, c'est très nul. Tout le monde le sait. Mais franchement penser que ça va aussi loin ???? c'est à vous désespérer de l'humanité, franchement.

Et du coup, pour une lecture plus "légère" (lol) j'ai commencé à relire mon bouquin préféré, Last Night I Sang to The Monster de Sáenz. Je n'en avais pas parlé jusque là, à part dans le flood vu que c'est un membre du forum qui me l'avait filé. Je l'ai acheté et je me suis dit que c'était l'occasion de le relire. Et je ne me lance pas.
C'est l'histoire de Zach, 18 ans, en cure de désintoxication pour soigner son alcoolisme, et partiellement amnésique. Il s'est passé quelque chose, il s'est retrouvé à l'hôpital, on l'a guéri, et depuis il est là. Sauf qu'il ne sait pas ce qui s'est passé, et en fait il n'a pas très envie de le savoir. Il ne sait même pas ce qu'on a guéri, en fait. Ce livre, c'est comme un voyage mental : il parle de sa vie au centre de désintox, du fait qu'il s'isole, qu'il ne veut pas parler, que son thérapeute l'ennuie. Il parle aussi de sa vie d'avant, de sa famille et de son frère Santiago (pour ceux qui ne le savent pas, quand j'ai lu le bouquin, ce compte s'appelait Zach et vu que Naga joue un Santiago ), de ses amis, de son prof ; il n'allait pas bien avant, et il voudrait oublier cela aussi. Et puis, il ne supporte pas qu'on lui témoigne de l'affection, qu'on lui dit qu'il est un gamin brillant. Il veut pas savoir. Mais il va bien finir par se souvenir, de toute façon, sinon on ne serait pas là.
C'est mon bouquin préféré ces derniers temps, parce qu'il est magnifiquement écrit, et très, très relatable. A chaque fois que je le lis, je suis dans un état mental différent, et pourtant je me retrouve toujours dans Zach. Il n'est pas totalement dans l'auto-lamentation, plutôt dans le rejet, je dirais. Et puis ce style. En vrai je pourrais citer tout le bouquin, Zach a une manière de parler que j'aime franchement bien.
Et franchement, c'est rare que je prenne plaisir à relire quelque chose ces derniers temps, mais là, ça m'entraîne tjs. J'arrive à lâcher le bouquin pcq je sais ce qui se passe après, mais franchement sinon ?? je pourrais pas.


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le Mer 13 Sep 2017 - 22:39
(Comment ça ce sujet n'a pas été actualisé depuis un mois ? Diantre. Allez, la tournée est pour moi.)

Une heureuse découverte, d'abord : Je suis la reine d'Anna Starobinets. Ou le triomphe des auteures russes contemporaines, qui sont décidément dingues de talent. Recueil de nouvelles flirtant avec le fantastique de Todorov, volontiers dérangeant, sinon tout du moins glauque, où chaque phrase est d'une matière palpable, avec un art consommé de la chute - mes poils se hérissent encore au souvenir de la première. N'y cherchez pas l'optimisme et la joie de vivre ; les personnages ici-bas sont affreux quand ils ne sont pas bons à enfermer, cependant on se consolera grâce à la poésie des détails et certains relents de tendresse toute particulière envers la moisissure.
Mais si vous n'aimez déjà pas les fourmis, vous les aimerez encore moins après.

Tant que nous n'aurons pas de visage, de C.S. Lewis. Oui oui, l'auteur de Narnia. Que vous ayez aimé ou non Narnia, ça n'a pas d'importance. Parce que ce n'est ni le même univers, ni les mêmes intentions, ni le même style. Quoique pour le style, n'ayant aucun souvenir de celui des contes merveilleux, je ne saurai dire. Toujours est-il que, premier détail notable et notoire, le titre en anglais est Till we have faces et je trouve cette ambiguïté de la traduction assez fascinante. S'il m'était donné de l'étudier, ce serait je crois un long moment de réflexion. Bref.
La réécriture du mythe d'Éros et Psyché est clairement revendiquée et assumée, quoique relaté du point de vue d'une des soeurs, traitement qui entraîne un classicisme dans le ton pas désagréable, au contraire ; la narratrice, par son sang bleu, fait montre d'un langage certes châtié, mais rarement lourd et ampoulé, et la lecture est d'une grande fluidité. D'accord, les personnages ont cette manie de se jeter à genoux en larmes et de se pâmer à la mode antique, et l'héroïne donne parfois envie de la secouer à ressasser ses douleurs durant des années ou à s'interroger dans le mauvais sens sur sa féminité, néanmoins elle a le mérite d'être promise à la royauté tout en cultivant ses compétences guerrières, ses connaissances philosophiques et son sens du devoir. Ce qui est décrit comme de la froideur ou de la prétention est par là-même contrebalancé par ses doutes et ses repentis, et façonne ainsi ses nuances. Sur ce protagoniste, je suis partagé entre une fierté soulagée de la voir empoigner un destin glorieux et une navrance compatissante envers ses vains atermoiements. Et tout ça sur fond de conflits divers et variés, allant des superstitions obscurantistes face à la rationalité grecque, à la grandeur et décadence des apparences, en passant par les débats entre puissance et genre sexuel. Dans l'ensemble, c'était donc un bon et beau moment.

Le Regard de Ken Liu. Dans cette heureuse collection d'Une heure-lumière toujours. Sauf que quand Elizabeth Bear déclare "Ken Liu est un génie", beh, on n'a peut-être pas lu le même bouquin. Des prostituées, un serial killer et des caméras oculaires. Une détective privée aux prothèses améliorées. Le jeu du sauvera/sauvera pas ? Et c'est tout. Il n'y a pas grand-chose à en retenir, pas spécialement d'innovation, du déjà-vu en somme (et hop, 2 centimes de royalties reversés par la Fondation pour le Jeu de Mots Nul), des motivations inexistantes ou incompréhensibles, des persos sans intérêt. On y jette un coup d'oeil par curiosité, et encore...

Lud-en-Brume de Hope Mirrlees, que je viens d'entamer. Roman de fantasy datant de 1926 que Neil Gaiman semble apparemment porter au pinacle, avec de sublimes illustrations et une délicatesse de la prose qui promet une jolie lecture. Je verrai comment cela se déroule, mais le départ a son charme !

Ces jours qui disparaissent de Timothée Le Boucher. Un roman graphique de chez Glénat, nouveauté que j'ai eu le plaisir de découvrir fraîchement arrivée en SP dans le bureau ce matin et dont les résumés glanés de çà de là laissaient augurer beaucoup de bien. Et en effet, c'était bien. Il m'a fait beaucoup de mal aussi - non, je n'ai pas laissé échapper une larme, c'est faux, je suis un bonhomme, nan mais. Le dessin est doux, le propos dur, l'inexorabilité des choses aussi. Le parti-pris est visible ; s'attacher au protagoniste malgré la bascule qui s'opère et les interrogations qui s'amorcent, de sorte que jusqu'à la fin les sentiments se porteront vers lui, tout en nourrissant un jugement critique sur ce qu'il représente et le déséquilibre dont il finit par être l'auteur et non plus la victime. Avec cette dualité entre faire (le choix du matérialisme, de l'intérêt à long terme, de l'intégration sociale) et être (celui des plaisirs simples, de l'amitié durable et le goût du naturel) qui sous-tend l'histoire.
À noter que les personnages secondaires sont l'occasion d'aborder des sujets trop souvent maltraités, tels que les relations polygames ou les couples mixtes, mais sans en faire des tartines ou des hérauts-martyrs de quelque théorie du politiquement correct.
Même s'il n'y a pas de champagne à déboucher à l'arrivée, je conseille donc avec plaisir ~

Lady Snowblood de Kazuo Koike et Kazuo Kamimura, dont Kana vient de publier l'intégrale. C'est culte, qu'on se le dise. Mais bon dieu que c'est répétitif. Sans doute qu'au moment de sa parution, le parfum du scandale a dévasté les critiques et que la prospérité de cette histoire tient autant à son propos qu'à son contenu visuel. C'est assez pointilleux sur la véracité historique, bien que certaines personnalités réelles aient été adaptées pour jouer avec la fiction, et on s'instruit sur les relations internationales d'avec le Japon de l'ère Meiji, sur les moeurs de l'époque, le quotidien des populations et tout le toutim. C'est romanesque à souhait. Là où le bât blesse, c'est que c'est toujours la même chose. Et que cette même chose est en l'occurrence le fait que la plus belle fille du monde, maniant le sabre comme personne et douée de tous les talents, se désape à chaque chapitre pour trucider des hommes. Sérieusement. C'en devient comique, à force ; c'est à deviner d'avance quelle pauvre demoiselle en détresse se fera torturer et/ou violer, qui gagnera le concours de la réplique la plus macho et combien de morts y aura-t-il avant la fin de l'épisode. D'autant que, si dans la première partie la quête de vengeance tenait la route, dans la seconde les motivations de l'héroïne sonnent juste... ridicules ? Son nouvel objectif se veut noble et fédérateur et ça tombe à plat.
L'ensemble ponctué de scènes saphiques en veux-tu en voilà, de quelques magnifiques paysages de neige - on le concèdera - et un goût prononcé pour les wagasa.
Résultat, je suis mitigé. C'était intéressant. À lire pour la culture peut-être, mais par amour ?

Shikasta de Doris Lessing. Entamé et pas terminé encore. Ce livre est un océan dans lequel, pour s'aventurer, il faut au préalable franchir une barrière de corail. Les cinquante premières pages écorchent. C'est rude, à la limite du rébarbatif parfois. Mais au-delà... Si vous acceptez d'abandonner vos conceptions terrestres habituelles sans vous enfoncer aussitôt dans l'irréaliste, si vous acceptez de demeurer à cette frontière entre le possible et le vraisemblable, si vous acceptez d'envisager un ailleurs qui ne serait pas seulement autre mais aussi intrinsèque, alors Shikasta devrait être une remarquable expérience. L'histoire d'une planète cobaye et des expériences menées sur sa faune et sa flore par des races éminemment supérieures, bien qu'imparfaites, sur des millénaires et des millénaires. Ou comment réinventer nos civilisations au regard d'autres espèces intelligentes et réinterpréter notre propre cosmogonie. C'est brillant, dense, minutieux. Plein de et si ?, d'allusions et de mises en parallèle, comme une gigantesque parabole sur l'évolution de la Terre. J'avais mis du temps à ouvrir le livre et rechignais un peu à mettre la tête dedans, mais une fois franchi la ligne des vagues, c'est du bonheur.

Il en manque encore, mais ça fait beaucoup déjà alors ce sera pour une prochaine fois


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le Mar 19 Sep 2017 - 20:50
Je viens pour faire un point spécial Mishima, visiblement la nouvelle obsession de certaines personnes du forum.  

Dans l'ordre chronologique, donc.
J'ai commencé par le recueil contenant deux nouvelles, Ken et Martyre, toutes les deux extraites de Pèlerinage aux Trois Montagnes (je veux ce recueil d'ailleurs, un jour il sera à moi). J'ai énormément aimé ces deux nouvelles, quand bien même la seconde m'a beaucoup, beaucoup laissée perplexe (et bon, tant pis, je penserai ce que je veux de la fin )
Ken c'est l'histoire d'un club de kendô universitaire. La figure centrale en est Jirô, le capitaine, un jeune homme d'une droiture extraordinaire qui se dévoue totalement à son sport. Il est observé par Mibu, un étudiant de première année qui tombe dans la fascination (on le comprend). Je ne veux pas en dire plus, car ce serait à mon sens gâcher le sens de cette nouvelle qui se lit en témoin. Il se passe des choses, mais pas tant que cela. Jusqu'à ce qu'on arrive au moment fatidique. Les deux autres lectrices comprendront où je veux en venir. Malicieux  Mais cette nouvelle est extraordinaire, car tout est mis progressivement en place. Les personnages sont dotés d'une psychologie profonde qu'on ne peut explorer entièrement, mais que l'on devine. Ken est magistrale car tout finit par prendre un sens. Comme souvent dans ce que j'ai lu de Mishima, les choses sont plus suggérées que réellement dites. Et finalement, toute la nouvelle, depuis sa première ligne, permet d'expliquer cette fin à laquelle, franchement, on ne s'attend pas vraiment.
Et puis il y a Martyre (je laisse la possibilité à quelqu'un d'autre de parler de cette nouvelle ) qui est assez perturbante dans le fond, si l'on considère l'attitude trouble qu'adopte chacun des personnages. Il y a de la haine, de la violence, et de la cruauté, mais aussi un petit quelque chose en plus, qui crée un lien entre eux. Et au final, la fin est elle aussi assez violente et inattendue.
Quand j'ai fini les deux nouvelles, j'ai parcouru pas mal de sites et de blogs pour en lire les critiques. J'ai remarqué de beaucoup de gens ont du mal à en voir leur intérêt. Alors que moi, je suis là "omg quelque chose est en train de changer dans ma vie" et ma foi, c'est à ça que je reconnais une œuvre qui me plaît donc.
(bon il y a aussi le fait que la violence des relations c'est vraiment un truc qui me plaît donc)

Puis j'ai lu le premier tome de La mer de la fertilité, intitulé Neige de printemps. Histoire bien plus classique parlant de deux amants qui ne peuvent être ensemble. J'ai plus apprécié le récit que je ne l'aurais fait en temps normal, vu que ce n'est pas vraiment un genre d'histoire qui me plaît habituellement. Mais ce n'est pas un coup de cœur non plus : puis-je dire que le personnage principal, Kiyoaki, est tout bonnement abominable et mérite des baffes ? A cause de lui, la fin du roman ne m'a pas émue : j'ai envie de dire que ça lui pendait au nez.

Enfin il y a l'ensemble de quatre nouvelles regroupées autour de Dojoji. Cette première nouvelle se présente sous la forme d'une pièce de théâtre, et même si j'aime lire du théâtre, pour le coup j'ai eu du mal. C'est une nouvelle qui a un fond psychologique trop important pour cette approche externe (enfin, à mon avis). Du coup, j'avoue ne pas m'être vraiment attaché au destin de cette femme dont j'ai oublié le nom.
Dans Les sept ponts, nouvelle qui relate l'expédition de quatre femmes qui tentent de réaliser un vœu en passant en silence par sept ponts, j'ai apprécié l'élégance de l'écriture. Les femmes ne pouvant parler, la narration prend vite le pas sur le dialogue. C'est rare et ça m'a plu. Juste un peu dommage que la fin était prévisible, et en même temps trop abrupte.
Patriotisme m'a énormément plu. Je l'ai résumée en disant "l'alliance entre eros et tanathos" parce que c'est vraiment ça. C'est sur un couple qui se suicide selon le rituel, et qui passent un dernier moment avant le seppuku. C'était juste génial et tellement attachant. Brille
En revanche, La perle, je ne peux pas dire que j'ai aimé. C'est censé traduire le comportement féminin mais bon, c'est peut-être parce que je suis détachée du contexte, mais je ne vois pas comment on peut penser comme ces dames le font. face palm
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