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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

Vague. Tae Joon.

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posté le Dim 11 Juin 2017 - 2:06 (1)

Je n’osais approcher du rivage. Il y avait contre l’écume des vagues un fantôme qui dansait au gré de la marée, qui chassait le raisonnable de mes pensées. Il y avait des images qui me revenaient, et pour ma part j’échouais déjà. Le monde m’avait rejeté sur sa berge, abandonnée dans mes folles chimères.
Jean avait ce sourire nostalgique qui ne s’effaçait plus de ses lèvres, ses lèvres humides. Je repensais à son costume embourbé par les algues. Sur le bord de mer, son teint était celui d’un ectoplasme verdâtre. Il affichait son corps spongieux avec une impudeur troublante.
Heureusement, il n’inspirait des horreurs qu’à ceux qui pouvaient encore le percevoir, sentir sa présence pourrissante. Iodée. Je sentais son corps en décomposition, quoique son squelette demeurait éternel comme l’épave abandonnée au fond d’une eau trouble.
Nous nous regardions dans cette immobilité, et j’étais saisie par son calme étrange, par la façon dont il parvenait à se tenir debout, vivant à travers une illusion, se nourrissant de mes inquiétudes les plus vives. Il avait arrêté de me faire signe, sans jamais cesser pourtant de m’inviter à le rejoindre.
Je lui cherchais un sourire qu’il n’avait plus alors, emporté, qui avait dû se rompre comme le reste de son âme contre les récifs sauvages. Il ne partait pas.
Et je ne sais pas vraiment depuis combien de temps nous nous observions ainsi, alors que nous nous demandions qui serait le premier à faire le pas de trop. Mais je ne savais plus comment avancer. Mes jambes m’avaient abandonné et semblaient avoir creusé leur tombe dans le sable chaud. L’après-midi tombait dans sa lourdeur ensoleillée. Par instant, la figure de Jean semblait s’assécher.
Je me rappelais alors que nous étions déjà morts.
Mais Jean se dressait de toute sa hauteur, et presque impérial, je n’avais d’yeux vraiment que pour lui. Il était ma dernière fascination. Celui qui me tenait loin du rivage, et celui qui m’entraînait indubitablement vers mon havre dernier.
J'avais pour lui l'horreur propre à ces phénomènes surnaturels, psychologiques aussi, et qui me le rendaient presque trop tangible ou trop peu abstrait.
La lueur au fond de l'oeil était celle de la vaste étendue bleue, de la mer déchaînée, distante.
Je sentais sa colère qui grondait comme un écho en moi, je sentais sa rage d'exister encore. Je sentais comme un râle de souffrance aiguë que rien n'apaisait encore.
J'accusais la vague de ses silences.
J'attendais le déferlement.
J'attendais qu'on me cueille au passage, qu'on décrasse mes poumons de cette encre noire qui me rongeait les entrailles.
Mais je ne savais plus comment détourner mes pensées de son être, de ces rêveries mortuaires.
Nous n'aspirions plus.
Plus rien que la fin des temps à venir.
« Il y a simplement des parasites auxquels on n’échappe pas. » 

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let me out
Personnage : Tae Jung n'avait rien demandé et pourtant on lui a tout volé. Tout droit venu de Corée du Sud, juriste fraichement diplômé il se retrouve perdu dans une ville qui le dépasse. En deuil de tout ce qu'il a perdu, des amis qu'il a laissé derrière lui son visage est distant et ses moues boudeuses. Aussi s'est-il décidé de se concentrer sur le travail, de s'enrichir et de ne plus penser à rien : surtout pas à lui, surtout pas à eux. Surtout pas à tout ce qui existait avant et tout ce qui pourrait exister maintenant.
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posté le Mar 13 Juin 2017 - 14:49 (2)
« Qu’était l’homme s’il tournait dos au futur ? Si prisonnier du présent il ressassait inlassablement des et si, jetant des regards emplis de mélancolie derrière lui ? Et Tae Joon aurait aimé qu’on lui arrache tout de son passé, qu’on le prive de sa mémoire et qu’on le jette à moitié nu sur le rivage, tel un naufragé. Il aurait souhaité, oui, se réveiller au son des vagues, ne se souvenant que de bribes, que de mots éparpillés impossibles à lier. Tout aurait alors été plus simple, non ? Il n’aurait pu que vivre l’instant, se tourner vers demain : se redécouvrir, se réapprendre. Il aurait été de ces chenilles qui après quelques jours passés sur une branche devenaient papillons. Aurait-il été le même, se serait-il retrouvé ? Ou aurait-il incarné un tout autre personnage, modelé par ce nouvel univers ? Il ne savait pas et savait qu’imaginer de tels scénarios ne l’avancerait pas.

Il était bloqué et la vue de l’océan devant lui emportait au loin toute pensée. C’était comme si la marée en venant puis partant attrapait son être et le lui volait, l’emportant plus loin que jamais il ne pourrait aller. Assis en hauteur il admirait la vue, ne la voyant qu’à moitié : il était fatigué et s’il avait été moins prudent se serait allongé puis assoupi. Il ne comprenait pas, d’ailleurs, pourquoi il était si attaché à la vie. Pourquoi même lorsqu’il n’avait plus rien, il s’y raccrochait, ne voulant tout à fait abandonner. Peut-être avait-il un rôle à jouer, un but à accomplir qui le forçait malgré lui à rester ici.

Soupirant il s’était redressé et épousseté, se rapprochant des flots d’une démarche lente mais souple. Ses mains dans les poches, le vent fouettait son visage, menaçant de l’emporter. Froid, il était vivifiant : le maintenait éveillé. Et quelle surprise de surprendre une autre silhouette au loin, se découpant presque difficilement du paysage, qui à la fois calme et violent semblait tout engloutir. Se rapprochant car elle était sur son passage, Tae Joon avait eu du mal à dissimuler sa surprise : Jade lui faisait face. Leur dernière entrevue remontait à plusieurs semaines déjà, il en aurait presque oublié ses contours, ne l’avait vue lorsqu’il était repassé au musée.

Ne le détestait-elle pas, à présent ? Alors qu’elle était son inconnue, il était sans doute à ses yeux une existence étrange, dérageante. Il l’avait jetée alors qu’ils ne se connaissaient pas, l’avait malmenée sans raison et ne le réalisant que plus tard Tae Joon s’était rendu compte qu’il devenait peu à peu un être flou, différent de ce qu’il avait pu connaitre un jour. Il ne se reconnaissait plus lorsqu’il se dévisageait dans le miroir, ses yeux ayant pris des teintes différentes d’auparavant. Devenait-il mauvais ? Détaché il passa une main derrière sa nuque, laissant être emporté par le vent un quelconque : « Vous semblez ailleurs, Jade. » Et il aurait du s’excuser pour la dernière fois mais sachant qu’elle ne les accepterait sans doute pas il avait fait comme si de rien.

Pourquoi était-elle là ? Son regard ne pétillait pas et absente c’était comme si elle attendait d’être emportée, par le vent comme l’océan. Elle était une statue échouée qui mélancolique attendait de tomber pour, happée, retrouver tous ceux qu’elle avait laissé.

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