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Chronos Republic

Pallatine, la ville qui existe en dehors de notre monde, se dérègle. Depuis quelques temps, la métropole aux diasporas est en proie à d'étranges phénomènes. Le temps est perturbé, comme si quelque chose n'allait pas. N'avez-vous pas eu l'impression que le temps se figeait, ou au contraire passait un peu trop vite ? (en savoir plus)

Nouveautés
04.04 Nouveau système de compétition + nouvelle intrigue. (plus d'infos ici)
28.02 Installation de la version 3. (plus d'infos ici)
16.11 Installation de la version 2.5.
Période de jeu : janvier à mars 2016. Des perturbations temporelles ont commencé à faire leur apparition. Serait-ce dû aux disparitions qui ont eu lieu l'année dernière ? Quelle est la raison de de ces nouveaux problèmes ? Vous ne le savez pas, mais votre vie à Pallatine est peut-être menacée.

(en attendant godot)

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Personnage : Renaissance.
Les gens oublient souvent pour quoi ils se battent. Pas moi.
Je suis solide comme un roc. Plus pur qu'un diamant brut ; je ne les laisse pas facilement casser mes convictions. Je les affirme jusqu'au bout, jusqu'à la mort s'il le faut.
L'histoire ne gardera pas de moi le souvenir d'un homme tendre, si encore elle daigne se souvenir de moi. Elle ne verra que la force avec laquelle je me suis dressé contre la tyrannie. À moins qu'à ses yeux je n'incarne moi-même une forme de chaos excusable par sa teneur juvénile, un jeune homme aveuglé par ses convictions qui aura répandu la terreur et la mort pour de grandes idées auxquelles il ne croit plus.
Et je me gausserai d'elle, impitoyablement, pour avoir cru que quelque chose de moi était digne d'être mémorable.
Nom de code : walpurgis night. et MIMI pour les intimes
Avatar : kirishima ayato (tg)
Messages : 37
Messages rp : 16
Date d'inscription : 20/11/2016
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Citoyen
posté le Jeu 29 Juin 2017 - 20:58 (1)
La vie est une malade mortelle.
(on finit toujours par en mourir)
Image du personnage
En attendant Godot
hiver 2016
Place centrale

Dimitri & Ilya Kovalevski

Attendre pendant des heures que la personne que vous voulez voir arriver daigne venir pour de bon, c'est la déchéance la plus totale, mais comment vous faites lorsque vous n'avez pas l'adresse de la personne concernée et que vous ne savez pas non plus si elle a  un compte chronosrep (et que vous n'avez pas envie de chercher), et que vous ne connaissez personne qui pourrait la contacter pour vous et que vous n'avez même pas envie de voir cette personne mais qu'il faut alors vous faites tout pour ne pas la voir jusqu'à ce que l'énervement vous donne enfin envie de la voir apparaître pour mettre un terme à votre calvaire ?
Le pire, sans doute, est le fait que les passants, à force de vous voir squatter votre banc (qui n'était pas encore à vous il n'y a même pas une semaine mais dont vous avez désormais fait votre propriété incontestée), finissent par vous prendre pour un clodo. Il faut dire que lorsque vous ne prenez pas la peine de vous coiffer correctement (les peignes et Dimitri n'ont jamais été en de très bons termes), que votre façon de vous habiller est à mille lieux de ce que vos pairs bien nés aiment porter (comprendre : des tenues issues de l'aristocratie du début du XXe siècle russe et non des jeans et baskets rapiécés), et que votre air revêche et mordant intiment aux autres l'ordre de s'éloigner, on peut comprendre que certaines personnes sautent trop rapidement à ce type de conclusion. Vous ne penseriez jamais la même chose d'une jeune maman bien apprêtée venant  soulager ses jambes sur ce même banc après sa balade quotidienne avec bébé, par exemple (quand bien même elle utilisait ce même banc depuis bien plus longtemps que vous, sans que personne ne songe à penser qu'il s'agisse du sien). Mais les gens sont bien prompts à imaginer le pire sur Dimitri, dans la mesure où celui-ci ne fait pas vraiment d'effort pour les détromper.
Lorsque son frère Ilya le verra, il aura bien du mal à retenir une grimace : par pure fainéantise, Dimitri a volontairement négligé de se laver les cheveux la veille, et ces derniers commencent à revêtir une pellicule grasse sans que cela gêne le jeune homme - de telles considérations ne sont bonnes que pour la gente féminine, après tout. Il n'a pas fait l'effort de s'habiller correctement et porte un jean élimé - à la dernière mode, mais il sait très bien qu'Ilya ne sera pas de cet avis - et vous savez quoi, il s'en fiche bien sûr. Lorsqu'il a  commencé à se mettre à la recherche de son frère, il y a de cela cinq jours, Dimitri s'est d'abord dit qu'il ferait un effort vestimentaire  pour ne pas heurter la sensibilité d'un homme qu'il sait très à cheval sur ce genre de choses. Cinq jours plus tard, à force d'attendre à proximité de là où il pense être le quartier général des opportunistes, le peu de patience qu'il possède a eu le temps de s'évaporer - et accessoirement, sa seule tenue "correcte" a fini au lavage, sans possibilité de la remplacer. Mais tout cela lui paraît bien secondaire en comparaison de l'énervement qui ne le quitte plus. À bout de patience, Dimitri se ronge les sangs et meurt à petit feu sur ce banc où il s'étale d'un regard vide. On n'entend que des soupirs agacés sortir de sa bouche, lorsqu'il retrouve brièvement l'usage de sa voix pour exprimer son mécontentement. Il est là, sur ce banc, la tête penchant vers sa poitrine, les bras en croix sur le dos de son banc, le torse prêt à glisser inexorablement vers le sol poussiéreux, les jambes écartées et pliées au niveau du genou, regard d'en bas, bouche vers le bas. Il ne dormira pas pour passer le temps, il ne regardera même pas son téléphone, non, il restera là pendant les quelques heures que son emploi du temps lui laisse libre, et à guetter du regard la personne qui le dégoûte le plus de lui. Il aurait le temps de réfléchir, mais Dimitri refuse de tomber dans ce piège-là : il passe plus de temps à essayer de fuir ses pensées que de les développer, et ainsi il s'épuise. Je ne penserai pas à cela. Je ne dois pas d'excuses à Ilya. Je ne me demande pas pourquoi je veux des explications. Ne pas s'interroger sur ses motivations, c'est bien quelque chose que Dimitri sait faire à la perfection quand il s'agit de son frère. Tout comme il ne peut pas reconnaître qu'il n'éprouve pas uniquement de la haine à son égard, mais aussi un peu d'amour fraternel et beaucoup d'admiration. Qu'il ne supporte pas le mépris dans lequel le place son frère, quand bien même il fait tout pour le mériter. Donc, ça ne plaît pas à Dimitri, cette façon dont leur précédente rencontre s'est déroulée. Il se sent le devoir d'y remédier.
Pour rappel : des excuses avortées, des paroles mystérieuses, de la colère, beaucoup de colère, et une séparation orageuse.
Mais même en fuyant ses pensées, Dimitri ne peut pas s'empêcher de se demander ce qu'Ilya a bien pu vouloir lui dire lorsqu'il a avoué l'avoir tué. Évidemment, ces mots prennent un sens tout particulier pour Dimitri, compte tenu de ce qu'il sait, mais Ilya ne devrait pas le savoir, et c'est justement ça le problème : Dimitri ne peut pas croire qu'il soit tombé dans les mêmes travers que lui. Pour être honnête, il continue encore à idéaliser Ilya et n'envisage pas un seul instant que ce dernier se soit mis dans la même situation que lui. Et pourquoi ferait-il ça ? Non, cela n'a pas de sens. Ne reste qu'une seule solution.
Le verbe « tuer » n'a pas le même sens pour Ilya que pour Dimitri.
Tuer peut prendre beaucoup de sens métaphoriquement, et notamment le fait d'empêcher quelqu'un de se développer correctement en se montrant surprotecteur et trop autoritaire avec lui : exactement ce qu'Ilya a fait avec lui. Dimitri croit - espère ? - qu'Ilya lui a enfin avoué qu'il a tout fait pour étouffer son frère, et que Dimitri a tout gâché en n'acceptant pas correctement ses excuses. Ces excuses, Dimitri les attend depuis des années : même s'il sait qu'il est souvent en tort, il sait aussi qu'il n'aurait jamais dérivé de la sorte si les attentes d'Ilya n'étaient pas trop hautes pour lui. Ce serait bien son genre de ne pas les voir lorsqu'elles arrivent enfin.
Bien sûr, si c'est le cas, Dimitri ne trouvera jamais le courage d'expliquer à Ilya le sens que « tuer » a pour lui - mais cela fait partie des rares mots capables de le faire frissonner. Lorsqu'il s'est dit qu'il présenterait ses excuses à son frère, pas un instant le fait de révéler les plus sombres aspects de sa personnalité n'est entré dans l'équation. Cela n'arriverait - si cela devait arriver - que des années plus tard, lorsque leur relation se serait calmée - si elle se calmait un jour -, et uniquement au moment où Dimitri serait certain qu'Ilya l'aimerait assez pour ne plus le juger sur cela. Dans tous les cas, la probabilité pour que cela arrive est faible - mais il se voyait tout de même se confier un jour quand même.
Quand il ne serait plus le même, par exemple.
Mais lorsque ses pensées prennent cette direction, cela l'énerve, et il s'empêche de réfléchir tout court. Il se traite d'idiot, par exemple, jusqu'à oublier la raison pour laquelle il a dû se traiter ainsi.
Tiens, mais ce n'est pas Ilya qui vient de passer devant lui ?
Dimitri ne se redresse pas sur le coup. Sa vigilance a baissé à cause de ses heures d'attente, à tel point que sa proie passe devant lui sans qu'il le voie. Ilya non plus ne l'a pas vu, ou alors il fait semblant ou a besoin lui aussi de temps de réagir. Peu importe. Lorsque Dimitri comprend ce qui se passe - avec quelques secondes de retard donc - il s'extraie brusquement de ce banc avec qui il faisait corps et chancelle un peu - à force d'être assis, il a perdu l'habitude d'être debout - et fait quelques pas hésitants vers Ilya. Des mots lui brûlent les lèvres. Ta gueule, Dimitri, si tu l'ouvres tu vas tout gâcher, attends qu'il te remarque putain. Mais il ne sait pas si son frère va finir par le remarquer. Il serait très inconfortable de le suivre comme son ombre par peur de devoir lui adresser la parole. Mais lui dire bonjour, c'est mission impossible, sa gêne va trop se sentir, parce que ça le gêne franchement de lui demander des explications - et puis, si Ilya apprend que ça fait cinq jours qu'il l'attend, qu'est-ce qu'il va en penser ? Si seulement il pouvait traiter Dimitri de stalker ! Ce serait infiniment plus agréable que tout ce qu'il pourrait penser d'autre.
Et à force de se poser des questions, Dimitri finit par craquer :

« Ah putain ! Mais c'est pas possible. »

Bien sûr, c'est à lui-même que s'adressent ces mots, mais Dimitri ne doute pas un instant qu'Ilya les aura entendus et les interprétera mal - comme toujours. À croire que toute conversation entre les deux Kovalevski était toujours destinée à dériver avant même d'avoir commencé. Foutue malédiction familiale.


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posté le Sam 8 Juil 2017 - 9:18 (2)
ждет Годо

Il s'est passé beaucoup de choses depuis que tu as croisé ton frère.
Tellement de choses que tu as eu le don d'oublier cette rencontre. Comme un de ces rêves que tu as toujours, de ceux où le sang croute l'espace sous tes ongles - ceux qui te réveillent sans que tu saches respirer, une lame au travers de ta trachée. Ceux que tu t'efforces d'effacer lorsque se lève le soleil, d'enterrer au fond de ta psyché, là où tu caches tout ce qui finit toujours par bouillir jusqu'à exploser. Et tu as explosé, oui, bien sûr; tu as toujours les coupures du verre sur tes mains, toujours ces marques rouges pour le prouver. Personne ne te pose de questions; tu es menuisier, après tout. Mais chaque fois que tu baisses les yeux, c'est un souvenir comme une flamme dans ton estomac qui te rappelle la douleur, le vase fracassé - moins une pensée et plus une impression, une sensation dans le fond de tes tripes. Tu as appris à l'ignorer, le laisser te traverser sans même broncher, puisque tu sais qu'il ne sert à rien de le combattre. Tu te contente d'enfouir, de tout enfouir dans le fond de ton crâne, jusqu'à ce que ça explose, jusqu'à ce que tu te retrouves avec tes phalanges fracassantes et le goût du sang sur ta langue. Tu le sais comme tu connais la glace dans tes veines, et le regret d'avoir assassiné celui que tu devais toujours protéger. De ces certitudes aussi puissantes que les galaxies dans tes iris, que les chaînes qui t'attachent toujours à cette terre sans que tu ne puisses devenir l'archange que tu aurais pu être - que tu aurais dû être. Celui que tu as toujours vu en toi, jusqu'à ce que tu ne le tues à coup de baïonnette, jusqu'à ce que tu le voies se vider de son sang à tes pieds, tachant ses ailes de vermeil.

Alors même si tu penses toujours à Димитрий, tu n'as pas pensé à Димитрий. Tu as eu son fantôme derrière toi, dans ton ombre, posant à chacun de tes pas une goutte d'écarlate, pour que ceux sachant le voir puisse reconnaître en toi l'assassin. Mais tu l'as presque oublié, ton devoir t'accaparant avec tout ce qui s'est passé chez les Opportunistes; tu as vécu comme si jamais vos chemins ne s'étaient croisés de nouveau. Tu as oublié tes mots, les siens; tu as oublié cet aveux qu'il a refusé et repoussé, son état de martyr constant, la façon dont il t'a blâmé pour tout ce qu'il dédaigne chez lui-même. Son mépris de tout ce que tu as fais (ce que tu as essayé de faire) pour lui. Tu as oublié comme il te déteste, et tu as oublié comme tu le détestes. Tu as perdu ces sentiments dans les méandres de ta conscience, là où tu n'iras pas les chercher, là où tu ne t'aventures jamais (cet endroit qui s'échappe lorsque tu détones, entre les éclats fracassés de verre et de bois). Et c'est tant mieux comme ça, puisque tu ne saurais vivre avec ces choses dans le devant de ton esprit, puisque tu te le refuses, le dos droit et le menton levé comme si c'était une affaire de devoir et d'honneur plutôt que la culpabilité et la honte qui te déchirent les viscères.

Ainsi tu te contentes de marcher avec ton ombre, son fantôme qui foule tes pas - puis soudainement il s'exprime. De cette voix que tu ne saurais jamais cesser de reconnaître, qui te fais t'arrêter et te retourner pour le voir (en chair et en os) debout devant toi. Tu ne sais parler; tu l'observes, de haut en bas, méprisant sa tenue, son air débraillé - ainsi qu'il fait honte à ce que vous êtes, ainsi qu'il s'échappe d'une énième façon à ce devoir qui te façonne, et ainsi le mépris te monte à la gorge comme s'il y avait planté une lame.
'Привет' было бы достаточно. ('Bonjour' aurait suffit.)
Tu l'aurais préféré digne et ferme, tout du moins capable de t'aborder de front. Dans ton dos, sans même oser te toucher et ne t'adressant que quelques jurons, il t’écœure jusqu'au fond de tes os. Est-ce ceci qu'il est devenu, ceci que tu as fais de lui? Certes, tu ne mérites rien d'autre de sa part, mais tu te débectes de le voir ainsi, puisque tu aurais voulu qu'il soit meilleur que ça. Tu ne l'imagines pas meilleur que toi, mais à la fois tu aurais voulu qu'il le soit, qu'il sache grimper sur ce trône au firmament que tu ne saurais désormais plus occuper; qu'il se fasse ton héritier. Et pourtant de nouveau il te déçoit, et c'est ton échec qui laisse un goût amer au fond de ton œsophage.

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a king must learn
how to hurt those he loves
for he is made
by steel & suffering

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