« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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ivre du vin perdu

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le Mar 4 Avr 2017 - 3:39
Arthur

Arthur Rimbaud

feat Spain, APH |

Caractère

Arthur

Histoire

Il le regardait mais ne le voyait pas. Cela faisait longtemps qu’il était aveugle. Les yeux servent soit à accuser soit à aimer, mais se changent en trous noirs s’ils oublient comment faire l’un ou l’autre.

Le soleil était atroce à travers le vitrail. il piquait son visage de lumières bleues, jaunes, terribles. Elles lui donnaient l’air des lépreux et sur le bord de ses cheveux commençait à perler le gris. En cet instant, alors qu’il le contemplait à travers ses paupières qui étaient des meurtières, Rimbaud compris que Verlaine n'était pas devenu laid mais qu'il l'avait toujours été. Cela n’avait plus d'importance.

Auparavant il se serait jeté à son cou et y aurait planté les dents. Il aurait fondu sur lui comme un oiseau de proie. Mais il n’y avait plus ni oiseau ni proie - il n’y avait guère plus que cet arbre au bois gourd et aux vermoulures profondes. Quel ver avait rongé le fruit ? Quel termite avait mangé la peau précieuse, la peau aimée, l’écorce qui sous ses doigts d’hier s’animait encore ? Il n’y avait plus de sève et il n’y avait plus de bruit. Les doigts d’aujourd’hui se serraient sur son coeur qui battait calmement. Et il pouvait sentir que celui de l’autre, à trois mètres exactement, s’était arrêté.

Maintenant il s’était décidé à ramper sur le corps du monde. A percer son pelage et à s'y dissoudre. Ce n’était pas un coup de sang ou un enfantillage. S’il devait vivre, alors il deviendrait lui aussi cette viande, cette chair empoisonnée dans laquelle on taille des continents auxquels se raccrocher pour ne pas disparaître. Disparaître pour ne pas survivre, vivre pour paraître important. Marcher sur des songes avec des ombres au coeur.

Rimbaud ne voulait pas de ces continents. Il ne se voyait vivre sous aucune latitude. Il voulait des exoplanètes, des astres neufs. Des univers en branle capable d’accueillir son pas d’ouragan. Mais la mesure humaine était incapable d’attribuer des dimensions à son désir et Verlaine était incapable de supporter la sauvagerie de son amour. D’ailleurs en cet instant, il n’y avait pas d’amour. Il n’y avait que la tristesse. Qu’y a t-il de plus lourd que la tristesse que chacun porte en soi ?

Verlaine forçait Rimbaud à mettre plus d’espace entre sa vie et ses rêves qu’entre ses mains et son cou. Il avait cette manie de tout soupeser, de tout passer à la lunette et au crible. S’il l’avait un peu déraciné, il n’avait rien pu faire pour sa nature. Tout ne répondait pas de la raison, il fallait l’accepter, surtout avec l’absinthe au fond du sang. Mais en vérité il était clair que Verlaine n’avait jamais rien compris. Le seul langage qu’il parlait était aussi maudit que son trois pièces guindé ou sa calvitie, qui jusque là n’avait jamais gêné personne. Idoine, se disait Rimbaud en laissant mourir les ourlets de ses cils. Il ferma les yeux en sachant qu'ils ne se rouvriraient pas. C’est sa bouche qui le fit.

- Je ne suis plus ton amant.

Verlaine s’approcha avec peine.

- Il y a longtemps que j’ai perdu ce titre.

Verlaine manqua de tomber et Rimbaud aurait du prendre peur, car avec la démarche du désastre et la violence du monde, qui battait à nu dans sa main mue d'alcool, il éleva sur lui la bouche du canon court.

Entre Rimbaud et Verlaine, un revolver.

C’était là son dernier baiser.

- Arthur ! Je t’ai appelé. Beaucoup. J’ai crié ton nom, mais sais-tu ce qu’il y avait au bout de ton nom ? Personne.

Sa voix était tremblée. Brisée, pas encore. Il devenait risible, presque navrant, petit, fondu dans son costume très noir qui blessait la lumière. Il devait être quatre ou cinq heures du matin à Bruxelles, mais il était tout aussi bien quatorze heures sur Neptune. Quelle importance.

- Je t’ai appelé bien avant de te rencontrer, bien avant de te connaître, peut-être avant de venir au monde. Tu n’as jamais répondu. Tu n’es jamais venu. Et maintenant que tu es là, tu es là pour mourir.

L’un n’avait jamais été que la déroute de l’autre, le gâchis tentaculaire, les multiples désastres qui renversent la vie comme se renverse le vin. Il s’étaient répandus sous toutes sortes de ciels et aucun d’entre eux n’avait assez d’étoiles pour éclairer leurs visages. L’enfer se construisait dans l’ombre, abreuvé de drames trop dolents pour se terminer. Qu’il s’était donné pour ces drames ! Comme il s’était évertué à les bâtir. Depuis qu’ils étaient ensemble la nuit pleurait à chaque coucher de soleil, comme si elle avait peur qu’il ne revienne jamais.

Mais le soleil se lèverait encore. Au moins demain matin. Rimbaud en avait la conviction. Après ça il pouvait bien partir et ne jamais revenir. Il n’en avait rien à foutre.

Il dédaigna l’arme et tira la langue. Sa blondeur interdite aveuglait tout le jour.

- Tire ! Allez, tire donc, vieux hère, décrépi au nez plat, pauvre géronte, mal baisé. Tire un bon coup, tu te sentiras mieux.
- Je pensais que tu m’aiderais. Je pensais que tu avais compris, que tu avais trouvé, que tu étais la réponse.
- Tire, ce n’est pas le moment d’être un poète. Maintenant il faut être un homme.


À présent Verlaine sanglotait et ses pleurs étaient lourds comme des marteaux. Ils tombaient au sol sans ardeur et Verlaine perdait sa substance. Il était désormais liquide, transparent sous la lueur du gemmail. Même son ombre semblait moins pâle que lui.

Rimbaud détourna un instant la tête. Il regarda les murs de l’église. Les châssis s’effondraient et le verre éclatait en proférant le cri de celui qui se coupe. Il ne savait en cet instant si l'homme qui lui faisait face était capable de le tuer. Puisqu'il n'était plus capable de l'aimer, la réponse était vraisemblablement oui.

Verlaine peinait à parler à présent. Si arrivait bien ce moment où tout dans l’autre vous paraît insoutenable, c’était maintenant, sur ce parvis, sous ce soleil gourmé qui ne voulait plus donner sa pitié. Soleil froid. Rimbaud froid. Annihilées toutes potentialités de chaleur.

- Je pensais que tu me ressemblais et que je ne serai plus seul, plus jamais.

Rimbaud ne lui rendit pas son regard. Il observait le sol avec une certaine colère, une colère misérable.

- Tu as toujours été seul.

Lorsqu’il tira, Verlaine visa le coeur.

Bonjour vous moi c'est Servais, c'est joli ici 10/10. Merci grâce à vous j'ai composé sur rimbaud que j'adore détester. Tout est d'ailleurs en gestation mais je finirais bien assez tôt. Perso au jour d'aujourd'hui ma vie est un crash mais je vais tenter d'écrire avant le dépôt de bilan. Je te fais la bise à tous mais surtout à toi

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BIR

-Né à Vienne en 1907 dans une famille de la haute bourgeoisie
-Sa passion pour la littérature se manifeste très jeune
- La fin de la Première Guerre mondiale voit sa famille perdre une bonne partie de sa richesse
-Alors qu'il devait hériter de l'entreprise familiale, il proclame haut et fort son envie de devenir écrivain et se heurte à l'opposition paternelle
-S'en suivent plusieurs années de galère financière, jusqu'à atteindre une certaine stabilité
-Il s'oppose à l'Anschluss, mais les camarades avec qui il avait créé un journal lui conseillent de faire profil bas
-Il quitte enfin l'Autriche en 1939, après avoir découvert avec un certain dégoût que ses œuvres étaient autorisées par le régime nazi
Nom de code : //
Avatar : Ginoza Nobuchika

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le Mar 4 Avr 2017 - 10:28
Rimbaud Agonise Agonise Agonise
Ce n'est pas une blague de premier avril hein ???

Bref, bienvenue boss o/
Ton style est juste qsdfghj j'aime beaucoup et j'ai hâte de voir la suite Brille Brille Brille Le caractère est juste parfait, et j'aime comment tu fais parler ton personnage de lui à la troisième personne, je sens comme une sorte de désillusion/blasitude/regarde ironique sur lui-même qui est bien cool Brille Et l'histoire me met en pls Tombe (bon en même temps un rien me met en pls so)

Bref, en espérant que tu te plaises parmi nous et au plaisir de te voir inrp


Spoiler:

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Aces

il était un de ces monstres qui sommeillent dans vos placards d'enfance. un homme brisé par l'existence, qui s'était réfugié dans un personnage pour annihiler ses souffrances. et pour seung joo, le temps passa. c'est désormais un garçon capable de s'adapter, et qui de plus en plus s'adoucit. la violence qui l'environne s'apaise progressivement. bientôt, croit-il, il trouvera l'équilibre qui lui offrira la clé du bonheur.
Nom de code : trauma (+ sneug pour ceux qui ne savent pas prononcer son prénom)
Avatar : kaneki ken

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le Mar 4 Avr 2017 - 10:46
Non, ton écriture ne déçoit pas du tout. Malicieux Malicieux Malicieux
J'aime beaucoup ta façon d'écrire, et habituellement je crains toujours un peu tout ce qui tourne autour de la relation avec Verlaine mais là ça me va, on sent qu'il y a aussi une relation entre deux poètes donc je suis très joie. Cool
Prépare-toi à un peu de stalkage, et bienvenue. Cœur


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Technicien

Demi-Inuit originaire de Kaktovik, Naga a longtemps été un chantre de la culture américaine, avant d'éprouver une certaine culpabilité à l'idée d'avoir bien hâtivement rejeté la culture inupiat de sa mère. Désormais, Naga désire se racheter et trouver un moyen pour son peuple de vivre en accord avec ses traditions.
En pratique, Naga est plus un hypocrite cherchant à apaiser sa confiance qu'un Altermondialiste convaincu, mais il a toujours su se débrouiller pour éviter que quelqu'un lui en fasse la remarque...
Avatar : Sanada Akihiko.

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Messages rp : 104
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le Mar 4 Avr 2017 - 12:03
Un Rimbaud, oh oui, bienvenue. Bave
J'approuve ce qui a été dit plus haut, on sent un petit quelque chose du poète dans l'écriture, dans sa façon de concevoir le caractère mais aussi son rapport avec Verlaine (commencer par ça direct, en plus).
Bon courage pour la suite.




Spoiler:



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Arrivées & Éducation
DE CE VIOLET TRISTE DU NOM D AMÉTHYSTE
Sara est la douceur incarnée et le visage angélique de l'institut Svensson ; arrivée paraplégique suite à une mauvaise chute, elle est privée de ses jambes et bénéficie des dernières technologies trouvées par l'Institut ; elle en fait la promotion à chaque sourire, à chaque fois qu'elle respire ; légende urbaine, tout le monde connaît la Princesse Améthyste ; on la prend surtout pour une pauvre gamine qu'il faut aider -parce que personne n'aimerait être à sa place ; ne s'offusque de rien et tait toutes ses envies pour garder une image parfaite ; joue le jeu pour permettre à l'Institut de mieux avancer.
Nom de code : Princesse Améthyste
Jukebox : the stars are cristallized
Avatar IRL : Alycia Debnam Carey
Avatar : Nunnally :: Code Geass

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le Mar 4 Avr 2017 - 14:15

la perfection de ces mots
(bienvenue ♥)



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BIR
.
Le visage se cache dans les fleurs, les paupières se mélangent aux pétales colorées, semblables à la lueur de ses yeux. Les cheveux deviennent un feuillage sombre, parfumé, doux au touché. Lèvres fines, humides, appelant timidement les baisers, soupirant l'amour loyal et infini.

CAMILLE se donnait, corps et âme, pour un homme autrefois : RODIN. Aujourd'hui loin de lui, son sang s'est transformé en sable glacé qu'elle tente de réchauffer par tout les moyens. Les piqures, l'opium lui donnent la force de piquer la pierre et de fouiller dans son imaginaire. CAMILLE, sous sa timidité touchante et charmante, est la passion qui irradie et dévore. Santé fragile, esprit parsemé et trouble, CAMILLE cherche des distractions pour échapper à la douleur : elle tomberait sous le poids de son cœur, mais CAMILLE boue trop. Mais tout est si puissant à l'intérieur que le corps ne peut que se mouvoir, courir, danser, aimer et enlacer. Détruire.

Sculptrice, fleuriste, Proxénète, recruteuse, mécène. Paranoïaque, possessive et jalouse. En manque d'affection. Traumatisée par deux avortements. Haine et vengeance. Observe et détecte le talent, le fait s'épanouir avant de le détruire.
Nom de code : Marraine Reine
Jukebox : Malaxe - BASHUNG
Avatar : OC - Irangbi

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le Mer 5 Avr 2017 - 22:23
Argh mais ce perso.... Et la façon dont tu le portes et l'incarne... C'est vraiment maitrisé et parfait. C'est fort, j'aime et je suis transporté, très content que ce soit toi qui prennes ce personnage parce que tu l'as compris !

Bref, 10/10 à toi aussi. Je suis sous le charme et je t'applaudis. Cœur Cœur Cœur Tombe


Love comes from the clay
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Citoyen

jeune père veuf, toujours enfant dans sa tête, trop vite grandi.
Avatar : bakugou katsuki

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le Mer 19 Avr 2017 - 19:22
RIMBAUD-SAMA
Ton délai de deux semaines s'est écoulé, est-ce que tu as besoin d'un peu plus de temps pour finir ? I love you


alban


alibabe:

merci naga.  Malicieux
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Invité
Invité
le Dim 23 Avr 2017 - 22:18
Navré du délai, je suis pris dans l'inexorable trou noir de fin d'année scolaire où toutes sortent de deadlines s'alignent pour me TUER. Je reprend bientôt cette fiche c'est une promesse.
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Citoyen

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Avatar : bakugou katsuki

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le Dim 23 Avr 2017 - 22:56
Bon courage pour gérer tout cela, surtout. Brille On attendra patiemment. I love you


alban


alibabe:

merci naga.  Malicieux
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le Jeu 1 Juin 2017 - 10:29
Coucou ! C'est juste pour savoir où tu en es, vu que ça fait déjà un bon mois depuis la dernière fois. Toujours motivé ? I love you
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