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« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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La clarté déchira les ténèbres, et l'obscurité épousa le jour

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A ce stade, peut-on encore appeler cela de la fascination ? Une personne censée en douterait sincèrement.
Tom lui ne s'en préoccupait pas, il avait vécu avec toute sa vie. Il avait eu, au cours de longues séances de tortures émotionnelles ou d'euphories aussi puissantes qu'éphémères, le temps de normalisé sont goût pour l'obscurité. Rien n'est plus rassurant que les ténèbres, quand nulle âme planante dans l’atmosphère,, ne peut remarquer sa présence. Il faudrait avoir peur de mourir ou bien mal connaître la solitude pour ne pas se sentir porter par la douceur rassurante et berçante née des ombres entrelacées de la nuit. Mais ceci n'est qu'un détail, un sentiment banal dont l'esprit aime se délecter. Ce qui fascinait réellement Tom c'était cette magnificence, cette poésie envoutante qui se dégage de ce qu'on peut percevoir sans pour autant pouvoir comprendre. Comme si  le vent venait lui chuchoter une promesse secrète, d'ores et déjà évanouie dans la brume. L'interdit, et ce qu'il y a après, après le jours, après toutes choses. Cette délicate et envahissante émotion inspirait un étrange sentiment de familiarité chez le jeune artiste. Si toute le charme d'une scène sombre réside dans la simple suggestion, subtile et poétique. La beauté se dégage à l'aide l'instinct du photographe, avant de se volatiliser, revenir, puis disparaître à travers le tourment. Le souvenir onirique trop réel d'un spectre, d'une mise en scène invisible qu'il ne pourra jamais comprendre ni réellement saisir. L'hymne nocturne sur laquelle dansent les démons est une mélopée si fragile qu'à trop s'en approcher on risquerai de se briser.
Tom avait osé espérer percevoir ce genre de pensées, de point de vue en franchissant la lourde porte en fer du bâtiment grisâtre.


« Les eaux troubles et contrastées que constituent les œuvres de la mort, dont l'auteur à compris l'essence constitue l'âme de l'exposition » Tu parles ! C'est juste du noir, avec du blanc, assemblée de manière tristement peu élégante. Pas étonnant, je savais à quoi m'attendre pour cette exposition : un caprice de riche qui se prend pour un mécène. Et les prémices hésitants d'un artiste raté tentant de se rebeller sans savoir contre quoi, car c'est ce que font les autres artiste non ?

Le jeune homme se tenait debout, face à « la pièce maîtresse » de l'exposition, occupant l'espace de manière presque prétentieuse. Elle représentait "la noirceur de l'esprit humain lors de ses réflexions métaphysiques"... Ou alors une marre de pétrole se déversant sur un lac noir, la nuit. Et quand Tom avait demandé la signification, on lui avait répondu d'un ton hautain qu'il fallait soit même plonger dans l’œuvre pour en comprendre le sens, évidement.
Sous-entendu que je suis trop insensible ou trop con pour comprendre... Un discours un peu facile. Avant de nous demander de plonger dans sa cuve à mazout, il devrait plutôt apprendre à apprécier la délicatesse du blanc, quand elle perce à travers la suprématie du noir. Plutôt que copier en dénaturant le travail d'autres, et de manière médiocre qui plus est.

« Même un mensonge possède quelque chose de beaux, d'infiniment moins vide que ça... » Pensa Tom tout haut.

Toujours debout, essayant en vain depuis trop longtemps d'accrocher son regard à la réalisation. Il regarda l'heure, et se demanda s'il serait utile de poursuivre la visite ou bien s'il devrait simplement rentrer chez lui. Et pourquoi pas passer par les quais, y apprécier le silence lointain du soleil fondant à travers les langueurs océanes, en écoutant « la ville s'endormait » de Jacques Brel.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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C'était la serveuse qui lui en avait parlé tout en lui apportant sa tasse de café quotidienne. « Il y a une exposition picturale au musée de Saint-Juré » lui avait-elle glissé en même temps que les sucrettes, avec ce sempiternel sourire aux lèvres. « L'entrée est gratuite » avait crut-elle bon de préciser. Tobias l'avait remercié, sirotant son café avec l'envie évidente d'en profiter pleinement, de prendre le temps au sein de ce monde trop moderne à son goût et, surtout, bien trop pressé. Néanmoins la curiosité titillait l'Autrichien. Une exposition était toujours l'occasion d'observer de nouvelles pattes, de découvrir des noms encore méconnus mais qui, avec le temps, sauraient toucher en plein cœur le grand public.

Déposant la menue monnaie sur la soucoupe, Tobias se leva et emprunta la ruelle menant à Saint-Juré. La foule était toujours aussi nombreuse, nimbant les rues du quartier culturel. Tobias avait remarqué que, quelque soit l'époque, quelque soit le pays, la culture n'était indifférente à personne. Passant auprès d'un groupe de jeunes gens parlant cinéma il se refit la promesse (pour la dixième fois) d'essayer un jour d'entrer dans ce bâtiment. Du moins sans sursauter face aux effets spéciaux.

Sa sacoche se balançant contre lui, Tobias entra de plein pied dans le musée et suivit les multiples pancartes indiquant la direction de l'exposition en question. Une exposition temporaire, de ce qu'il comprenait, d'un artiste au nom qui lui était aussi inconnu que si on lui avait parlé de Rihanna. Ses pas résonnaient sous la voûte. La salle était pratiquement silencieuse, troublée seulement par les explications d'un guide qui mena, rapidement, son groupe dans une autre salle.

Pas après pas, Tobias avança. Profitant de la quiétude des lieux, il observait les œuvres. Encore de l'abstrait. Aucune œuvre ne répondait aux critères académiques qu'il connaissait. Et il eut beau lire les petits écriteaux explicatifs, leur sens lui échappait pleinement. Ce qui semblait être aussi le cas de l'unique autre visiteur présent dans la pièce. Il l'entendit même proférer quelques mots, non dénués de sens.

« Je vois que l'Art de l'exposant est nébuleux à d'autres qu'à moi. »

Tobias s'avança vers l'homme, rétrécissant la distance qui les séparait. Son regard balaya le tableau de bas en haut. Il secoua la tête négativement.

« Tout ceci manque de couleurs. Pourquoi la modernité ne souhaite vivre qu'en monochrome ? »

L'envie le démangeait de trouver un seau de peinture et d'un coup, vlan, le jeter à la face de cette toile. De lui donner plus d'éclat, plus de vie, plus de sens.

« L'abstrait n'aura jamais mon affection, je le crains. Je préfère de loin observer Monet et ses recherches sur la luminosité. Vous croyez que cet homme fait aussi dans les sculptures ? Une fois, l'on m'a montré une boite de fer blanc, en me disant « C'est de l'Art » mais je n'y ai rien compris. Mais vous êtes peut-être artiste vous-même ? Je suis peintre et dessinateur, pour ma part. Je pense sincèrement que, nous deux, nous pourrions exposer des créations qui mériteraient leur place bien plus que... » Mouvement de menton vers le tableau. « … ceci. »

Il savait que là il se montrait un brin présomptueux. Mais il était évident que l'artiste n'avait aucun talent – ou du moins l'exprimait mal.


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Une voix sépara brusquement son attention de la consistance lisse du mur refais à neuf. Elle provenait d'un homme, visiblement plus âgé que lui. Tom n'avait jamais été doué pour ce genre de choses, mais il lui donnerai environs 35 ans. Sous ses cheveux clairs, et au travers de son teint émaillé, perçaient des yeux au reflets d'acier. Ses traits étaient délicats, et sa carrure plutôt fragile, ce qui lui conférait un charme plutôt subtil. C'est amusant d'entendre une personne dont les nuances de blancs font toute la beauté reprocher à l’œuvre de manquer de couleurs se dit-il...

Avant qu'il puisse prononcer quoi que ce soit, l'intrigant personnage à parler. Il devait venir d'un milieu relativement aisé, vu la tournure soutenue de ses phrases. Et pendant que l'inconnu poursuivait son court monologue, Tom se disait qu'il venait probablement d'une autre époque aussi. Ses phrases n'avait rien d’impertinentes, au contraire Tom approuvait globalement son opinion. Mais ses réflexions étaient presque trop vraies, et l'expression de son visage traduisait à un tel point la finesse de son esprit que le jeune homme ne pu s'empêcher de se faire une réflexion : il n'aimerait pas l'avoir comme ennemi. Il pourrait être terrifiant. D'ailleurs il l'était déjà, d'une certaine manière. Le don que Tom possédait pour deviner aisément le caractère d'une personne lui permit de comprendre que cet homme là, qui se tenait debout face à lui, risquait de l’impressionner. Si l'expérience lui disait d'éviter ce genre de personnes objets d'une sorte d'admiration pour lui, une irrésistible attraction le poussait vers elles au final. Tout en pensant à cela, l'artiste regardait l'artiste, sans trop cacher sa fascination, celle de voir la tournure qu'allait prendre cette discussion. A son tour de parler, le jeune homme sourit brièvement, comme il avait l'habitude de faire juste avant de prendre la parole.


« Ne jamais dire jamais. Réservons cette idée aussi triste que "toujours" aux fermés d'esprits. » déclara-t-il.

« Nul besoin de couleur pour transmettre quelque chose... Seulement encore faut-il avoir quelque chose à transmettre. » poursuivit-il en indiquant la chose à côté d'eux du regard.
« La sculpture n'est pas mon fort je vous avoues, tout comme les boîtes en métal. Mais pour ce qui est de Monet je dois avouer que j'apprécie beaucoup plus sont travail que celui accroché juste à côté de nous. Seulement si vous permettez, bien que je soit totalement d'accord avec vous sur la médiocrité de cette exposition, je vous assure que certaines œuvres actuelles et modernes ne baignent ni dans le monochrome, ni dans la facilité. Mais je crains que ce ne soit pas dans ce genre d'endroit que vous pourrez dénicher des œuvres dignes d’intérêts. Je crois que les plus belles œuvres n'ont pas pour but premier d'être exposé d'ailleurs. »

Tom s'avança d'un pas, comme pour réellement entrer dans la conversation, et tendit la main à l'inconnu.

« Ravis de vous rencontrer, je m'appelle Tom Korthwood, je suis photographe et illustrateur de profession. Je pense que la définition d'artiste s'accorde plutôt bien avec ma personne, si par là vous entendez que je suis sensible aux vibrations silencieuses du monde, à la poésie sous sa forme la plus intègre et à.. et au reste. »

Par là bien sur, il entendait sa fascination, le royaume sous-marin dans lequel nous transporte une musique de Pink Floyd. Mais aussi ses démons, et la guerre incessante de ses émotions. Pour lui, être un artiste ce n'était pas pouvoir ou bien vouloir s'exprimer, mais plutôt en avoir le besoin pour survivre. Pour lui, être sensible au clins d’œils poétiques que nous offre la vie c'était aussi voir la douleur et la haine heurter et lacérer sa conscience à l'heure où le hasard la sanctionne. En fait pour lui, artiste, c'était le mot qu'on utilisait à défaut d'autres adjectifs pour désigner la fragile créature isolée et tourmentée.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Tobias serra la main tendue avec chaleur, bien heureux de trouver un collègue au sein de cette ville qui, malgré le temps, lui semblait encore aussi étrangère qu'une destination exotique. L'homme démontrait une meilleure aisance que lui au sein de l'art moderne. Il est vrai que Tobias n'en avait vu que des fragments, et pas forcément les plus reluisants ou attirants pour un individu provenant d'une époque révolue.

« Tobias Gehring. Vous semblez mieux connaître les derniers courants artistiques que moi. Si vous pouviez m'instruire, je vous en saurais grès. Je m'en voudrais d'avoir eu un jugement trop hâtif. »

Un petit groupe de visiteurs fit son entrée au sein de la salle. Tobias pouvait percevoir le claquement de leurs semelles et le bruissement provoqué par leurs chuchotements. Même s'ils ne hurlaient pas sous la voûte de la salle, ils ne passaient guère inaperçus. Leurs commentaires sur les œuvres se firent rapidement entendre, tels des éclats de feux d'artifice trouant la quiétude de la nuit.

« C'est censé montrer quoi ? Un gosse dessinerait mieux que ça. »

La critique sans appel d'un novice. Tobias n'en appréciait guère la forme, trop grossière à ses oreilles, mais pouvait en comprendre le sens. Tâchant de passer outre cette interruption, l'homme reprit le fil de la conversation comme s'ils s'étaient trouvés dans un café, assis à une table pour converser.

« Ce musée serait donc vide d'Art véritable ? Il est vrai que j'ai cru entendre qu'il appartenait aux Opportunistes. Je suppose qu'ils ont leur propre définition. » Un soupir désabusé filtra d'entre les lèvres de Tobias. « Le passé semble se répéter sans cesse. Là d'où je viens, un groupe d'individus se permettait de détruire ce qu'il considérait méprisable. De belles œuvres ont fini brûlées. »

L’amertume s’immisça dans l'esprit de Tobias. On pouvait voir son regard se voiler, ses épaules s’affaisser. Une situation qui ne dura qu'un temps – le temps nécessaire à des visiteurs novices pour commenter plus grassement, et plus violemment que jamais, les œuvres exposées.

« Encore heureux qu'il faut pas payer pour voir ça. Erk, mais c'est quoi ça ? On dirait qu'il a vomi sur la toile. »
« Même les tags dans la rue ça a plus d' charme qu' ça ! »


L'un d'eux lut le nom de l'artiste – un nom inconnu aux oreilles de Tobias.

« C'est pas un opportuniste ? »
« Ouais les op' c'est tous des fils à papa et des richous. Si on améliorait son œuvre ? »


Tobias n'avait aucune idée de ce que la femme allait sortir de son sac. L'Autrichien s'avança vers le groupe qui se tenait devant une toile représentant un damier noir et blanc.

« Vous ne devriez pas faire cela. » déclara-t-il d'une voix posée.

Intérieurement il se demanda s'il ne commettait pas une bévue.


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De toute évidence Tobias Gehring possédait un charisme naturelle. Un instant Tom eu la désagréable sensation de faire face à un patron d'entreprise, il se demanda si cet homme était bien l'artiste qu'il prétendait être. La réponse lui fut rapidement donné, lorsqu'il sentit les écailles de peinture séchées lors de leur poignet de mains.
Comme un homme de haute société éloquent et charmant, mais négligé d'un autre côté... intéressant.

« Malheureusement je n'ai jamais reçu la moindre éducation artistique, je me contente de juger par rapport à mon ressentit. De toute manière ce n'est pas comme si j'avais choisit de m'investir dans l'art de moi même, c'est plus l'art qui s'est imposé à m... »


Mais une remarque chargée de mépris, et prononcé trop fort, ou d'un ton trop insolant interpella le jeune homme.
« Un gosse ferait mieux que ça ». Il fit la moues sans même se retourner.

Un gosse ferait mieux que ça ? Bande d'imbéciles, un gosse ferait mieux que vous aussi sûrement. Il n'y a cas voir le premier auto-portrait réalisé par Picasso, à l'âge de 9 ans seulement !
Je déteste  les personnes qui utilise « gosse » comme une insulte. Ça m'a foutu des complexes quand j’étais petit ce genre de remarque. C'est ce genre de connard qui, sans même le savoir détruisent la confiance en lui qu'à un enfant...

Tom songeait déjà à aller répondre à cette affirmation excédante mais Tobias repris la conversation. Visiblement lui aussi avait été sensible à la remarque.

« Eh bien effectivement, qui sommes-nous pour juger ce qu'est l'art véritable ? Les opportunistes sont un peu bourgeois à ce que j'ai entendu... Mais j’avoue que je n'ai pas encore bien saisis le principe de chaque diaspora pour le moment. » répondit le jeune homme.

Son interlocuteur semblait penser à autre chose, il lui fit ensuite confidence de son dégoût de voir les œuvres se faire détruire sur arrêt du jugement intolérant de quelques personnes. Il devait sans doute faire référence aux autodafés nazi en parlant des œuvres brûlées, ou alors aux périodes de l'Inquisition catholique.

Parallèlement les remarques désobligées reprirent de plus belle. Tom se retourna pour voir d'où elle provenait. C'était un groupe de personnes relativement jeune, des vielles filles et des mecs à l'air supérieur.

Tom s'adressa à nouveau à l'homme qu'il venait de rencontrer : « Apparemment nous ne sommes pas les seuls à avoir du mal à apprécier l'exposition. »

Mais ses mots tombèrent dans le vide, car sans qu'il s'en aperçoive, l'artiste peintre était déjà plus loin et faisait face à une femme habillée d'une robe verte. Celle ci semblait avoir sortit un rouge à lèvre de son sac à main. Apparemment Tobias, ayant anticipée une action mal intentionnée, s'était interposé.
Tom s'empressa alors de le rejoindre et déjà la femme lui lançait un regard emplit de haine. Tobias ne semblait pas se laisser intimider mais la femme en vert elle, devenait presque agressive.
Il paraît que les mésanges bleues, malgré leur petite taille sont capables de faire fuir des pies tant elles sont hargneuses...
Au même moment on entendit un « clac », suffisamment sonore pour que tout le monde arrête se taise et le laisse résonner dans l'air. Tout le monde devina sûrement presque en même temps d'où venait ce son singulier, c'était celui d'une toile qui cède. Juste derrière eux, un homme s'était avancé et avait planté un couteau dans l'une des réalisations de l'exposition.
Il y eu un moment de blanc, de choc.
Il a osé le con... Il a osé.
L'inconnu portait un pantalon en toile grise et une chemise violette dont il avait retroussait les manches. À présent il descendait méticuleusement sa lame le long du tissu, en prononçant « Oups, pardon, j'ai glissé. »
Il avait fait trainer chaque mot comme on fait durer un supplice et cela avait déclenché quelques rires narquois au sein son groupe. Puis il ajouta : « c'est dommage, il va falloir recommencer. Remarque, ça ne devrait pas être trop difficile hahaha! ».
Tom lui, était déjà sur lui, il se rapprocha à moins d'un mètre de lui. L'autre commençait à s'inquiéter et mit son couteau en évidence pour montrer qu'il serait prêt à se défendre. Cela demanda au jeune homme énormément de self-control, mais il ne prononça aucune insulte. Et malgré la peur provoqué par l’attitude menaçante de l'imbécile en chemise, il décrocha un papier à côté du tableau. Sur celui ci le nom ainsi que de grands chiffres étroits, le prix. Il le mis n évidence, à quelques dizaines de centimètres seulement du visage du vandale.

« Non il ne faudra pas recommencer, et oui effectivement, c'est bien dommage pour vos économies... » parvint-t-il a prononcer, boosté par l'amertume.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Un peu bourgeois. Ainsi Tom avait-il défini les opportunistes. Bourgeois, comme lui, comme cet homme dont il avait abandonné les bons souvenirs pour n'en conserver que l'amertume. Sans le savoir Tom venait d'offrir à l'Autrichien un indice pour lui permettre de retrouver Wilhelm. Néanmoins les imprécations du groupe chassèrent ce même indice de l'esprit de l'homme. Ce ne serait pas aujourd'hui que le destin lui ramènerait Wilhelm sur son chemin.

Le sifflement de la lame déchirant la toile déclencha, chez Tobias, un frisson glacé qui le transcenda de la tête aux pieds. L'homme était aussi écœuré et bouleversé que si l'inconnu venait d'ouvrir un corps en deux pour en exposer les organes. Du massacre pur avec comme unique volonté de détruire ce qui ne lui plaisait pas. Tom avait beau exposer le prix, mirobolant, de l’œuvre flagellée, le geste ne calma nullement Tobias.

« Pourquoi ? »

Il avait posé la question d'une voix blanche, vibrante d'incompréhension. Jamais telle idée ne lui aurait traversé l'esprit, alors l'exécuter. La femme, à ses côtés, eut un rire.

« Faut-il une raison ? C'est moche. Pis on aime faire chier les opportunistes. C'est pas une raison suffisante dans ce bled pourri ? »

Son rouge à lèvres traçait des arabesques invisibles comme si elle narguait Tobias, le menaçait de le marquer de ce rouge. L'Autrichien recula d'un pas, voulant éviter d'entrer dans ce cercle de violence que voulait instaurer cette inconnue. Le rouge à lèvres glissa sur sa pommette laissant une vague traînée sur son épiderme.

« Sois gentil chou. Toi et ton ami vous partez et y vous arrivera pas de bricoles. »

La main de Tobias serra le poignet de la femme. Elle poussa un cri alors que ses doigts s'ouvraient, laissant tomber le bâton de rouge à lèvres.

« Désolé. » Et le ton de sa voix démontrait combien il était meurtri d'avoir usé de violence. « Mais je ne peux pas vous laisser faire. Aucun Art, même le plus incompréhensible qui soit, ne mérite un tel traitement. »

La femme écarquilla des yeux avant d'éclater de rire.

« T'es juste complètement idiot oui. Les gars, dégagez-le lui et son pote. Cette exposition appartient aux Gangsters maintenant. »

Le groupe se referma sur eux, méthodiquement. Tobias finit par lâcher la femme et son dos cogna contre celui de Tom.

« Mes connaissances en combat se limitent à savoir encaisser, je vous préviens. »


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Son estomac se déchira, une bouffée d'air  jaune remontait comme une vague le long de torse pour s'engouffrer dans son crâne. Quand il comprit à qui ils avaient à faire, la première pensé de Tom fut de sortir de là. Puis le cercle de malfrats se forma autour de lui, ne lui laissant aucun échappatoire. La peur tomba sur lui à ce moment. À présent il  essayait de penser, du mieux qu'il le pouvait, le plus vite possible, plus que ça. Trouver une solution, choisir la meilleur issue possible. Il était confronté à lui même, face au danger. Ils sont menaçant. Vite. Trouve quelque chose. Vite. Vite.
Tout d'un coup, Tom se retrouva dos à dos avec Tobias. La variable inconnue qui chamboule tout. La fatalité qui se fit sentir de plus belle.
Ah oui, il y a ce mec aussi. Léger comme il est c'est encore plus dangereux pour lui. Ses traits sont fins, un coup et il se briserai comme du cristal. Il ne semble pas se rendre compte, il ne sait pas qui sont ces gens. Moi non plus. Oui mais c'est différent. Moi je connais le danger qu'ils représentent.
Moi je peux encaisser, mais lui non. Plus âgé, trop mince, moins avertit, trop pur... Il va se faire ramasser. J'ai pas le choix, je dois l'aider. Se concentrer sur sa respiration pour oublier la douleur. faire le vide, patientez encore et encore. il faut que je soit prêt à encaisser des coups maintenant.


« Oubliez cette idée. J'espère que vous ne faites pas d'asthme. » Lui glissa Tom, tendit que le cercle se contractait autour d'eux. Il voyait déjà le porcelaine se briser s'il ne l'aidait pas.

Comme son interlocuteur ne semblait pas comprendre, Tom se retourna, laissant tournant le dos aux ennemi.

« Derrière-vous, courez, sans vous retourner, sans hésiter. Faites-moi confiance, pas de question, juste l'action. Maintenant. »

Derrière le jeune artiste, un des gangster avait pressé le pas. Tom lui, se décala légèrement à droite, puis fit volte face. D'un coup il fonça sur ce dernier, qui dans la surprise se protégea le visage. Tom aurait pu le frapper de manière à se débarrasser d'un des agresseurs à ce moment là, mais ce n'était pas son but. Il plaqua l'homme de toutes ses forces, le fit basculer sur un autre avant de tomber sur eux. Pendant un instant personne ne réagit, tout le monde restait là, interdit. Tom aperçut la porte de sortie, Tobias aurait le temps de s'enfuir s'il avait réagit suffisamment vite. C'est alors que quelque chose d’osseux percuta violemment sa tempe et l'envoya dans le monde isolé de la douleur. Puis un autre, sur son oreille. Un long sifflement strident s'en suivit, il était complètement sonné par la douleur. On entendit crier. Le coup de genoux qu'il reçut dans l'estomac eu pour effet de le mettre définitivement à terre. Sa respiration s'était brutalement bloquée, et il suffoquait au milieu d'une pluie de coup. L'un deux auvait-il un bâton ou une matraque ? Se concentrer, percevoir autre chose que le chaos était impossible. Tom essayait protégeait son visage tant bien que mal. Les yeux écarquillés, il parvenait petit à petit à retrouver son souffle. Rapidement, les battements lourds s'arrêtèrent. Il entendait des bruits, percevait quelques mouvements mais tout ceci était noyé dans la douleur. Tout à coup il se sentit comme soulevé, puis flotta dans les airs un instant. Ceci lui procura une intense sensation de paix et de calme. Il se sentait planer, le vent épousant sa posture. Jusqu'à que l'arrière de son crâne percute le macadam. Les résonances brutales dans sa tête lui firent l'effet d'un marteau d’acier frappant sur une enclume inlassablement : même bruit aigüe, même chaleur, même violence.
Il resta ainsi quelque instant, les mains sur ses temps, les yeux plissés. Il lui fallait un endroit calme. Le gaz brûlant s'échappant, les crissement de pneus sur le goudron fondu, tout cela densifiait la barre d'acier gelé qu'il sentait dans son crâne. Il tenta de se relever, mais prit de vertige il retomba presque aussitôt à genoux.
il lui fallait du temps, mais finalement son visage n'avais pas subits trop de coups. En revanche son dos, ses bras, ses tripes semblaient comme perforés de centaines de lames épaisses et émoussées.
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Courir rimait avec fuir. Fuir signifiait abandonner un ami derrière soi. Pourtant Tobias obéit aux injonctions de Tom s'engouffrant par la sortie qu'il lui avait indiqué. La porte donnait sur un dédale de couloirs, les coulisses du musée, ses entrailles habituellement réservées aux employés. C'était eux que Tobias recherchait désespérément, tentant de retrouver un peu d'ordre au sein de toute cette anarchie.

L'Autrichien manqua de heurter un vigile alors que sa main avait poussé une porte, tentant de s'y retrouver dans ce dédale.

« Vous fichez quoi ici ? »

Par réflexe, Tobias leva les mains – vieux geste retenue de cette époque où la haine et la méfiance baignait chaque ruelle de sa ville natale. Le vigile avait ce ton propre aux hommes des forces de l'ordre, à ces individus habitués à ce qu'on leur obéisse sans moufter. Ravalant son souffle, l'Autrichien expliqua la situation, sa voix précipitée annonçant l'urgence. Le vigile saisit son téléphone, appelant des collègues avant de faire signe à Tobias de le suivre.

« Ils savent plus quoi inventer pour se rendre intéressants. Faut espérer que votre ami est pas tombé sur des violents. Y en a des dangereux dans cette diaspora. De ceux à vous attendre au coin de la rue avec une arme à la main. »

Tobias déglutit, mal à l'aise. Lui qui avait espéré fuir la violence à Pallatine, il s'y retrouvait tout entier plongé, et ce jusqu'au cou.

Les échos des coups lui parvinrent, rebondissant sur les parois avec l'allégresse d'un galet jeté sur l'eau pour y faire des ricochets. Tobias sentit le vigile s'élancer, vit sa silhouette se découper sur la blancheur des murs du musée. Les imprécations montèrent, tandis que Tobias avançait, incertain, craignant déjà le pire.

La foule s'était massée aux abords de l'entrée du musée lui indiquant où trouver Tom. Le pauvre homme avait dû être expédié au-dehors par les belligérants.

Avisant Tom recroquevillé au sol, l'Autrichien s'élança à son secours. Rentrant la tête dans les épaules, se courbant en avant pour mieux amortir les coups s'il en recevait, l'homme avança, laissant gangsters et vigiles mener leur propre danse.

Sa main se posa sur l'épaule de Tom, se voulant réconfortante.

« Vous m'entendez ? » Il n'allait pas lui demander s'il allait bien. C'était évident que ce n'était pas le cas. « Vous pouvez vous lever ? »

Autour d'eux la foule se densifiait. Des visiteurs, alertés par le chaos, étaient venus, entourant la scène de leurs regards avides de curiosité. Par pudeur Tobias tâcha de masquer le visage de Tom en se plaçant devant lui, n'offrant que son dos au public.

« Je vais demander au garde d'aller vous chercher un médecin. »

Et se tournant vers le vigile le plus proche, il le héla, lui implorant de ramener quelque docteur, ou même une infirmière, afin d'aider son ami en piteux état.

Désolé pour le délai de réponse, des imprévus IRL m'ont pris du temps. Mais je suis de retour !


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"Le bordel", voilà le mot qui décrivait le mieux ce qu'il se passait dans la tête de Tom. Perdu entre la satisfaction de ne pas s'être fait trop blesser -bien qu'il se demandait comment il allait marcher pour rentrer jusqu'à Ocane-, ses doutes sur la pertinence de son action et la douleur lancinante. Le regard presque hébété par sa situation il ne parvenait plus à réfléchir. Entre temps, des vigiles étaient arrivés et semblait avoir maîtrisé la situation. Tobias l'avait rejoins, parmi la foule hasardeuse. Tout c. Seule la présence de l'artiste lui offrait un peu de réconfort. Celui ci avait demandé à ce qu'on appelle un médecin au plus vite... Il ne lui avait pas laissé le temps. Comme il était nouveau ici, Tobais ne savait peut être pas.

" Non, pas de médecin c'est bon... Partons d'ici "

Tom tenta de se lever mais sa jambe gauche se déroba sous lui, dans un éclair de douleur. Le jeune homme aurait bien expliqué pour quelle raison il lui avait demandé cela mais pour le moment il devait vite partir. Avant l'arrivée d'un vrai médecin ou d'un charlatan. Il ne pouvait pas trop en parler, au risque de transformer la gène qu'il inspirait dans la foule en réel dégout. En effet, Tom n'appartenait à aucune diaspora, et dans un quartier bourgeois comme celui c'était impensable. De leur point de vue les indépendants étaient soit des clochards, soit des criminels. Puis si quelqu'une le soignait, sa prise en charge serait à ses frais, pour un prix aberrant, surtout dans un quartier opportuniste. Le jeune artiste n'en avait absolument pas les moyens avec son nouvel appartement.
Il devait à tout prix se sauver d'ici, cette foule le rendait malade. Un haut-le-cœur le prit, il y avait beaucoup trop de personnes autour de lui, des visages et des visages de regards interrogateurs le jugeant. Parmi la sueur, les mots et les respirations étouffantes, prit au piège entre des tissus tendus et la poussière du sol, il commençait à perdre connaissance à nouveau. Il se laissa aller un instant, et petit à petit son environnement devenait plus calme, plus floue, moins austère surtout. Les bouches se taisaient dans son esprit et les colonnes de jambes se mélangeaient.
Oui c'est cela, un peu de calme. Juste un peu de.. non. Non je dois me ressaisir, partir. Maintenant.
Il prit sur lui pour revenir parmi l'agitation, les curieux à l'haleine nauséabonde et les paroles qui se bousculent. Il agrippa à l'épaule de Tobias, en priant de ne pas avoir cradé sa fine chemise blanche et de ne pas paraître brutal.

" Je vais bien, pas de médecin, pas ici. "

Il haletait et parlait difficilement mais petit à petit son souffle lui revenait

" Pourriez-vous m'aider à me relever, à quitter cet endroit ? S'il vous plait, j'ai besoin d'air... "
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Tobias ne posa nulle question malgré ses interrogations sur le fait que Tom refusait un médecin. Il était évident que l'homme ne pourrait pas avancer seul. L'Autrichien avait remarqué la jambe flageolante, trop faible pour porter le poids de son propriétaire. Tobias aida Tom à se relever, passant le bras du photographe sur ses épaules afin de lui servir d'appui.

« Aucun problème. » Le ton de Tobias était assuré. « Vous habitez où ? »

Lorsque Tom annonça son adresse, la bouche de Tobias se plissa. C'était loin, beaucoup trop loin vu son état.

« Je sais où vous amener. C'est un endroit tranquille. »

***

Tobias avait laissé la foule et le musée derrière eux, abandonné les charognards et leur curiosité autour de la scène de crime. Tobias menait Tom par des ruelles, les éloignant des voies principales pour ne pas alerter la présence des quidams. L'homme n'avait pas encore trouvé totalement ses marques au sein de Pallatine, mais il avait rapidement compris que, en tant qu'Indépendantiste, il devait faire profil bas sur les territoires des autres diasporas.

Le carillon du café tinta, dans un éclat argentin, alors que sa main poussait la porte. La serveuse se tourna vers eux, sourire commercial aux lèvres. Cette même femme qui lui avait conseillé l'exposition en lui servant son café quotidien. Son sourire s'étiola à la vue du duo, sa main se porta à ses lèvres, étouffant un cri silencieux.

« Une table pour deux. Et deux cafés. Bien corsés. »

On aurait pu croire que Tobias menait là une visite de courtoisie et que, non, il ne portait pas un homme blessée. La serveuse lui indiqua une table, s'engouffra derrière le comptoir pour assurer son service. Non sans jeter plus d'un coup d’œil en leur direction. Tobias aida Tom à s'asseoir, s'assurant qu'il était bien disposé avant de prendre sa place.

« Que la peste soit de cette ville dépourvue de taxis. Ainsi j'aurais pu vous ramener chez vous. » Levant la tête vers la serveuse qui approchait avec leur commande, Tobias demanda à brûle-pourpoint. « Un de vos clients aurait perdu une canne, un bâton de marche ? Mon ami en aurait besoin pour rentrer chez lui. Une foulure. »
« Je vais regarder... » laissa échapper la femme, repartant dans un froufroutement de tablier empesé.
« C'est une brave demoiselle. » souligna Tobias. « Elle ne dira rien. »

Et de porter la tasse de café à ses lèvres laissant à Tom le soin de poser des questions s'il en avait, ou de s'épancher sur ce qui venait de leur advenir.


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Le voyage avait été pénible et douloureux. Et il y avait dans les entrailles de Tom comme un corde tendue éraflant les chairs. Une fois assit devant son café, il prit son temps. Le sang lui été monté à la tête au moment de stopper le rythme exigeant de la marche. A présent il allait légèrement mieux. Il s'en remettrait, ce genre de coup de pompe était prévisible, il s'y été préparé. Il porta la tasse doucement à ses lèvres, utilisant ses deux mains encore tremblantes. La puissante saveur enivrante de la mixture le plongea dans un état de plénitude un instant. Il n'osait pas encore parler, il leur fallait une trêve. Place au silence. Tobias comprendrait surement.

Bon dieu c'est pas comme dans les films, l'être humain est si fragile. Je m'y attendais pourtant... Qu'est ce qu'il s'est passé ensuite ? Pourquoi l'artiste est toujours là avec moi ? Il ne s'est pas enfuis au final ? Le plus important est qu'il n'a pas l'air d'être amoché. Il faut qu'on parle à présent.



" Merci. M.Gehring, je dois vous dire quelque chose. "

Sa voix était sérieuse, grave, presque rauque même. C'était son timbre naturel, celui qu'il entendait quand il était seul. D'habitude il s'exprimait d'une voix plus douce, plus clair surtout. Mais au point où en était.. Puis il n'avait plus la force de sourire, il n'y parvenait tout simplement pas pour le moment.
Tom pencha inconsciemment sa tête vers le sol.

" Je suis un indépendant, c'est pour ça que le médecin... Vous venez d'arriver, peut être que vous n'êtes pas au courant : les indépendant ne bénéficient d'aucune protection, à moins d'avoir de l'argent, quand bien même nous autre payons toujours le prix fort. Le prix fort... "

En répétant cette phrase le jeune homme pensait au rejet, et à toutes les choses auxquelles un indés n'aurait jamais accès.


" Nous sommes toujours dans Sharsfort ? La serveuse ne nous aurait peut être pas laissé entrer si elle savait que je n'appartiens à aucune diaspora. Vous ne semblez pas faire ce genre de différences c'est pour ça que je vous dis ça. "

Petit à petit la voix de Tom s'était radoucie. Il lui fallait du temps, et il en avait eu. Le sourire lui revenait petit à petit. Ses yeux retrouvaient leur présence au lieux de se perdre sans cesse dans un horizon factice. Il fouilla dans sa poche à la recherche de quoi payer le café.

" Cela m'a fait plaisir que vous m'aidiez. "



Il semblait que tout s'arrangeait et Tom revivait pour de bon.
Mais les apparences sont parfois trompeuses. Le drapeau de la paix n’est jamais hissé jusqu'en haut des pensées et émotions du jeune artiste.




Tobias Ghering. Je devrais faire attention à moi. Actuellement il le dessus, je vais me sentir inférieur et ça va tout gâcher une fois de plus.

"Cours Tom, cours. Oublies-les Tom, cours."
Pas cette voix, pas maintenant, je ne veux plus l'entendre.
"Cours et ne te retournes plus."

Non, pas cette fois. Je peux le faire. Je ne veux pas finir tout seul une fois de plus.
"Mais tu es seul, tu l'es déjà. Cours Tom, cours."
Je te déteste, je te hais, c'est de ta faute tout cela. Au delà de mes souvenirs. Disparaît. Je te hais. Ne viens plus jamais me hanter.
"Tu es seul Tom, seul."
Le jours où tu arrêteras de me le dire je ne le serait plus. Dégage pour de bon, je ne serait plus seul à présent.
"Je serait toujours là pourtant. Cette voix.."
C'est la mienne.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Oh c'est vrai songea-t-il alors que Tom lui ré-apprenait ce que cela coûtait de vivre hors des sentiers battus au sein d'une cité comme Pallatine. Poussin tout juste sorti de l’œuf de l'Institut, Tobias apprenait encore à vivre et à s'habituer à cette nouvelle existence. Un exercice aussi complexe que ré-apprendre à naître. Il le sentait, vivre à Pallatine en tant qu'Indépendant allait lui demander bien plus d'un sacrifice. Néanmoins l'artiste préférait sacrifier les soins de son corps, économiser le moindre denier, plutôt que de dire adieu à sa pensée. Aucune diaspora de Pallatine ne lui plaisait et, contrairement aux Français déçus du XXIe siècle, il se refusait à voter pour le parti « le moins pire ». Il préférait user du vote blanc, quitte à s'attirer tous les détracteurs.

« J'avais oublié. » souffla Tobias alors qu'il reposait sa tasse, la porcelaine tintant contre la table. [color=coral]« J'avoue ne pas étaler mon appartenance ou, plutôt, mon absence d'appartenance. Dans ma précédente vie, je ne penchais pour aucun parti politique. » À plus forte raison lorsque l'unique parti prêchait la dictature et la destruction. « Et je ne changerais cela pour rien au monde. Herr Korthwood, vous avez devant vous un collègue. Il faut croire que nombre de points nous rapprochent. »

Et contrairement à ce que laissait sous-entendre le photographe, Tobias n'allait pas le laisser repartir seul. Il n'avait pas fini de l'aider. Remerciant l'homme de son geste pour la monnaie qui participerait au paiement des consommations, Tobias tourna la tête vers la serveuse qui revenait vers eux, avec sa mine de petite souris effarouchée. Tobias n'avait jamais su à quel diaspora elle appartenait, mais penchait pour les Opportunistes. La faute, probablement, à son petit air de bourgeoise avec son col Claudine et son tic de baisser les yeux, furtivement, comme une petite fille.

Elle tendit à Tobias une vieille canne, usée par le temps.

« C'est tout ce que j'ai... »
« Cela nous suffira. » Tobias déposa ce qui manquait de monnaie, les pièces tintant lorsqu'elles heurtèrent la table. « Je crois qu'elle sera à votre taille, Tom. Essayez-la. Vous auriez presque l'air d'un dandy si on ajoutait un chapeau et un costume. »

Tobias tâchait de rire de la situation plutot que d'en pleurer. Moyen tout aussi subtil de ne pas alerter davantage la curiosité de la jeune femme. Allez savoir si elle n'était pas une petite souris finaude qui irait tout relater à un gros chat bien gras d'Opportuniste. L'Autrichien aida Tom à se lever, et à prendre appui sur la canne avant de le guider hors du café.

« Je vais vous accompagner jusqu'à chez vous. Peste soit de cette ville dépourvu de taxis ! J'aurais même accepté un fiacre du siècle dernier ! »

Me revoilà ! Désolé du temps de latence. Je te propose un dernier post (chacun si besoin) et après suite chez Tom et leur future colocation. Tu me dis, on peut en discuter par MP !


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Pris dans un larsen lent et bruyant, Tom fixait la vieille canne posée sur le sol. Le silence n'était jamais synonyme de calme chez lui. Bien au contraire, il était pareil aux mouvements puissants qui tordent les zones insondables du globe, bien en dessous de la surface. Plus la journée était agitée, plus la solitude qui s'emparait de lui le soir était oppressante. De la boule lancinante dans sa cheville, aux traits bouillants de douleurs éphémères dans ses tripes. Il ressentait trop, entendait tout à en devenir fou. Surtout l'atmosphère assourdissante qui s'installe lorsque, lassés d'être seul, il ne sait plus quoi se dire. Par-dessus tout il y avait l'attente d'avoir quelque chose, ou quelqu'un à attendre.
Du le soleil brûlant à la lune inerte qui a t-il de plus terrifiant ? Pour Tom Khortwood, surement le vide qui se trouve entre les deux. Mais l'heure n'était plus aux lamentations, car tout allait changer pour lui. Il se trouvait simplement perdu entre deux phases de son souffle, dans un lieu qui n'existait pas encore.
Peu importe, il fermait les yeux, et sombrait progressivement dans un monde encore plus profond, que nul-autre ne pourra jamais visiter.



Plus tôt, Tobias l'avait raccompagné chez lui. Le jeune homme s'était sentit presque mal-à-l'aise de l'avoir forcé à marcher jusqu'ici. Mais ce n'était rien par rapport à ce qu'il s'apprêtait à vivre à ce moment. En effet les deux artistes se retrouvait à présent face à un vielle porte numéroté 23. Tom n'aurait pas pu s'imaginer ne pas l'inviter à boire un coup, après toute cette marche. Le soucis était le lieux en lui même. Mais il ne s'était absolument pas préparé à recevoir qui que ce soit chez lui. Avait -il fait le ménage récemment au moins ? Il faisait ce genre de tache sans même y prêter la moindre attention, une simple habitude en soit. Qu'allait-t-il découvrir en ouvrant la porte ? Et surtout sur quelle bizarrerie Tobias allait tomber en entrant en franchissant le seuil ?
Finalement rien de bien méchant. Tom avait travaillé sur une nouvelle partition de piano, on retrouvait donc des morceaux de compositions, des notes, des partitions barrées jonchant donc le sol jusqu'en dehors de sa chambre, au milieu de quelques esquisses. En fait cela avait fait rire Tobias. Puis ils avait bu un café et pas mal discuté, jusqu'à en venir à parler de son appartement. Tom lui avait alors confié qu'il espérait trouver rapidement un colocataire, et il se trouvait que Tobias n'avait pas encore de logement. La coïncidence surprenante, mais qui tombait bien car Tobias devait venir s'installer bientôt dans l'appartement. Au final quel rencontre ! Tobias Gehring était le genre de personnage qui impressionne, que l'on oublie pas. Mais c'était surtout un artiste fascinant, impliqué dans les conversations, piqué par un désir ardent de partager son avis et comprendre celui ses autres.


En attendant Tom était toujours assit au milieux des notes aiguës du piano, à contempler les nuages gris envelopper nuit. Dès lors il les entendait, les cloches de l’espoir - the High Hopes.


FIN DU RP:
Voilà, je pense que cela conclu ce RP. Je suis désolé c'est un peu court, mais j'avais du mal à voir une fin d'un autre format. Car cette fin est le ressentit opprimant de Tom après cette première rencontre quand il se retrouve seul. Puis c'est il y a moyen de plus développer dans le prochain RP coloc' de toute manière pour ce qui est du reste :)
(si t'as la moindre question, ou objection préviens moi )
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