« Ô temps, suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours... »

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L'Art ne dépend d'aucun monde [ Colocation Tobias et Tom ]

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La vielle chaine Hi-Fi grésilla le temps de passer à la piste suivante. Non loin un album de Pink Floyd gisait, ouvert en deux. A cet instant précis, juste avant que la musique ne reprenne, il y eu un silence. Un silence aussi beau que la fin du monde.



Cet appartement c'était l'Île au coquelicot, Laputa, ou encore le château dans le ciel. Une arche qui se laissait lentement dériver dans le temps, en attendant la suite. Elle abritait le stade de la vie où l'on ferme les yeux et où l'on parvient à ne plus être hanté par le passé. Le moment précis et trainant lorsque l'on a finit d'expirer, que l'on se débarrasse de la fumée, et lève les yeux plafond. Un réceptacle dans lequel une envoutante mélodie s'écoulait sans cesse, et caressait tendrement les lames du plancher. Le temple que chacun cherche afin de pouvoir s'y perdre, frissonner, danser, hurler, exploser, puis retomber et enfin se calmer. De temps en temps, les regards se perdait le long des vieilles plaintes en bois, salées par l’atmosphère, ne cherchant rien d'autre que ce qui y était déjà.
Fermer la porte de ce havre hors de l'histoire, c'était comme fermer le passage vers un autre monde. Car si là bas, la vie était agressif et bruyante, colorée et menaçante, ici le calme régnait de quintes en tierces, d'aquarelle en huile de lin. Bien sur il y avait des moments difficiles, quand le doux halo du satellite laissait place à la rage. Mais entre ces murs épais, nous trouvions ce que beaucoup recherchent en vain. Pourtant alors simple esquisse, mais déjà une belle ébauche : cet appartement, c'était comme un foyer.

En attenant le retour de Tobias, assit contre le mur de la cuisine entre les herbes et les épices, Tom posa sa tête contre le crépi froid afin de mieux se plonger dans les étoiles. Voilà exactement le sentiment qui l'animait lorsqu'il laissait les ondes glacées de cette musique le porter. Marooned, cet univers qui était le sien, la gare par laquelle il devait passer entre chaque voyages, la destination finale. Les notes, devenues brûlantes de froid, firent exploser les soleils sous ses yeux. La fin de tout, le zéro absolue, le calme, enfin. Abrité dans son paradis musical, il ne pensait plus, il se contentait de ressentir toute la puissance qui se dégageait et faisait vibrer son corps. Ici, il était en sécurité, loin de l'incendie, loin de l'avenir. Des vagues de frissons le parcourait, le plaisir de la fin, le plaisir de la solitude. La même qui avait si souvent noircit ses pensée, qui l'avait rendu amorphe et trainé dans la boue. Elle qui l'accompagnait depuis toujours, son ennemie, sa sœur, son ange gardien.
Soudain les lumières s'allumèrent pour laisser entrer le bruit, un claquement, des pas... Tom n'avait pas envie de parler, il voulait rester ainsi pour toujours. Parfois les mots ne suffisent pas à exprimer ses pensées, parfois un regard suffit à transmettre tellement. Aurait-il alors besoin de bouger ses lèvres ? Car à présent la chanson touchait à sa fin et il devait quitter le lit tiède sa bulle.


Tobias rentrait, Tobias arrive.
Il devait être dans une passe totalement différente, stressé par l'agitation extérieur. Il a surement vécu diverses expériences au cours de la journée. Il a ressentit de la frustration, de la joie, de la colère, de l'euphorie, de la déception, de l’excitation... Tout un panel d'émotions si lointaines de l'état dans lequel le jeune rêveur se trouvait alors.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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Le froid automnal gagnait doucement Pallatine obligeant Tobias à se munir d'une écharpe qui claquait au vent, tel un étendard. Mais malgré le froid qui avait menacé d'engourdir ses doigts, l'Autrichien avait croqué les profils aperçus aux abords du café, l'élégance des bâtiments que le soleil soulignait de ses rayons. Il avait décelé la beauté en cette ville, éclipsé la gangrène qui la rongeait inexorablement. Il avait du changer ses habitudes, Saint-Juré étant désormais fermé au public tel un musée – pis un mausolée. L'Iwasaki-rengô était sur les dents, réclamant ses disparus, interrogeant tous ceux qui croisaient leurs routes. Il flottait dans l'air l'odeur d'une prochaine explosion – la fragrance de la poudre prête à s'enflammer.

Tobias avait du partir, la tête rentrée dans les épaules, entouré de l'écho des imprécations et altercations. L'Iwasaki menait la danse, se complaisait dans une paranoïa qui gagnait peu à peu toute la cité. L'Autrichien s'était demandé si Wilhelm avait trempé dans ces disparitions – lui qui était chez les Opportunistes, chez un camp qu'on accusait sans preuves mais avec la certitude d'avoir le coupable en face de soi. La besace en cuir usé battant ses flancs, l'Autrichien avait rejoint son domicile, rasant les murs – tel un chat cherchant à regagner son territoire et évitant de s'attirer les foudres de ses congénères.

Lorsqu'il ouvrit la porte, son pied franchissant le seuil, Tobias inhala l'odeur de l'appartement. Craies grasses, fusain, peinture, vieux papier – sagace mélange rehaussé par la térébenthine. De quoi vous faire tourner la tête ou, à l'image de l'Autrichien, d'y associer l'image d'un foyer. Posant la besace dans l'entrée, l'homme claironna son retour alors même que le studio était assez petit pour qu'on puisse entendre la voix d'un des occupants d'un bout à l'autre de l'habitacle.

Comme à son habitude l'Autrichien gagna la cuisine – petite pièce presque enclose sur elle-même – allant se servir un café.

« Il va falloir qu'on fasse plus attention lors de nos sorties. Je ne sais pas si tu t'en es rendu compte mais je sens qu'un conflit entre diasporas va s'engager. »

Et Tobias avait vu ce que pouvait générer un conflit entre des groupes aux idées opposées – il se doutait que l'impact ne serait pas aussi retentissant à Pallatine, mais l'explosion ne serait pas un vulgaire pet de mouche. Il fallait prendre la situation au sérieux.

« On devrait peut-être projeter de mener des courses pour avoir des réserves. Au cas où. D'ailleurs où as-tu mis le sucre ? »


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C'était le visage d'un homme angoissé qui se présenta à Tom, et finit de le sortir de son état léthargique. Tobias s'inquiétait du conflit qui risquait d'éclater entre les diasporas. Ou plutôt de l'impact que cela aurait sur toute la ville car effectivement, un guerre allait faire rage. Dans le silence des rues lointaines, des étincelles de folie devait déjà embaumer l'air d'une odeur acre, celle de la poudre, celle du sang.

Tom avait rencontré l'autrichien au sein d'une exposition. Celle ci s'était faite dévaster par des gangsters et les deux avaient été prit au milieux de la bataille. Cet événement n'était qu'une prémisse de ce qui allait suivre, un indicateur de la croissance continuelle des tensions. Cette fois ci, c'était Iwasaki qui portait le drapeau de la guerre, les gangster ne faisaient que répliquer.


" Je veux bien un café aussi, s'il en reste. " lança Tom en guise de bienvenue.

Tom n'avait aucune demande, aucune projet en cours, surement à cause de la situation de crise dans laquelle se trouvait la ville. Après avoir passé sa journée seul, l'artiste avait besoin de contact humain. Il était heureux que son colocataire soit rentré. Peut être pourrait-il discuter comme il en avait déjà eu l'occasion quelque fois, à propos d'art, ou de politique. La personne de Tobias Ghering fascinait Tom, qui éprouvait un profond respect envers lui. Il voyait en lui un poète, une branche de fleur bravant les océan, au grès des vagues et des vents. Puis ses compétences le fascinait, sa maîtrise de la peinture paraissait impeccable. Il espérait qu'un jour Tobias lui apprenne quelques bases, les plus fondamentales, qu'il n'avait jamais eu la chance de recevoir durant son enfance.
Après s'être relevé il reprit :

" La zone côtière est en dehors du conflit, elle n'appartient ni aux Iwasaki, ni au gangster. Nous ne risquons pas grand chose ici je pense. En revanche il vaut mieux éviter d'aller en centre ville la nuit ou même le soir je pense.

Je pensais aller chercher quelques réserves de matériel artistique, qui sait ce qui pourrait arriver à Sharsfort et à ses magasin d'art ? "

En réalité, Tom n'avait besoin de que papier à grain et de quelques teintes d'aquarelles pour le moment, mais mieux valait-il être prévoyant.

" Pour le sucre, je crois qu'on l'a finit il y a quelques jours. Dans tout les cas nous allons probablement devoir refaire les courses effectivement. Pourquoi ne pas aller au marché demain ? "

Cette idée motiva Tom presque d'un seul coup, il avait cruellement manqué d'inspiration ces derniers temps. La côte, les étalages de poissons le long des nappes blanches, entre sel et glace, les visages de pêcheurs l'âme ne quitte jamais de l'océan et dont les yeux tenaces reflètent en permanence le ciel, su puissance et ses caprices... Tout cela serait surement magnifique, Tom imprègnerai alors de cette nouvelle atmosphère, et ne la laisserai s'évader qu'au travers de graphite de pigments. Dans ce cas il lui faudrait aussi préparer son matériel de photo, nettoyer son objectif, y fixer un filtre polarisant et charger la batterie. Puis étaler tout le matériel sur son bureau, prêt pour le lendemain.
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Ayant vécu les deux guerres mondiales, Tobias est un être sensible à la beauté des choses, à l'Art sous tous ses aspects. Sociable, il se laisse porter par ses impulsions. Optimiste, il est certain de pouvoir changer le monde. Il voudrait recréer un groupe d'artistes. Il fréquente les cafés et le quartier Sharsfort.
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L'absence de sucre arracha un haussement d'épaules à Tobias qui finit de remplir les deux tasses. Tendant l'une à son colocataire l'homme s'appuya contre un des meubles – le café noir ne le gênait pas outre mesure. Il réfléchit posément aux propos de Tom, dénouant l'écharpe qu'il n'avait pas toujours retiré. Au final même si aucun ne l'avouerait ils se préparaient à devoir mener un siège. Tobias eut l'image des longues listes de clients aux commerces, tous munis de leurs tickets de rationnement attendant, espérant, qu'il resterait quelque chose à ramener chez eux. Même un vulgaire sac de farine.

« Oui. Nous irons jouer les écureuils qui préparent leurs réserves pour l'hiver. Ocane est à l'écart mais... La prudence ne serait pas trop. Une des diasporas pourrait profiter du conflit pour étendre son territoire. »

Une perspective qui lui laissait un goût amer dans la bouche et que même le café n'arrivait pas à effacer. Tobias finit par reposer sa tasse vide avant de quitter la cuisine. Ôtant son manteau, l'homme la suspendit à la paterne de l'entrée. Se penchant il entreprit d'ôter ses chaussures.

« Et donc de ton côté que faisais-tu ? Tu travaillais sur une commande ou un travail personnel ? »

De ce qu'il avait compris des œuvres de Tom, certaines étaient menées suite à des demandes – gagne-pain essentiel pour ne pas finir à la rue.


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Musique



Il claqua la porte comme un drap claque au vent, Son manteau se vautra sur le sol tiède, se refermant sur lui-même. Une sensation constante de vide troublait le jeune artiste. Tobias était-il rentré ? Il soupira..

" Tobias, je crois que j'ai honte et peur en même temps... Si seulement j'avais eu tord, j'aurai pu m'en prendre qu'à moi-m.. Tobias ? "

Pas de réponse. Pourtant il aurait du être là. Qu'importe, il ne tardera sûrement pas à arriver.
En attendant le jeune homme se sentit encore plus seul.
Ce qu'il avait vu, ce qu'il avait fait, tout cela c'était ridicule. Il entendait encore le bruit des œuvres qui se brisent, comme un os qui se déchire. Par sa faute. Non pas uniquement à cause de lui, hélas c'était bien pire que cela. Sur le moment il avait cru faire face a une guerre, il s'était battu et n'avait vu que du feu l'espace d'un instant. Mais le stress, l’excitation et la rage, tout cela s'était dissipé sur le trajet du retour. En fait même la rancœur avait disparut, le bouquet d'émotion qu'il avait ressentit lors de l'affrontement avait laissé place à l’écœurement, à l’effroi puis enfin, au vide. D'un seul coup il avait réalisé tout ce qu'il avait vu, la menace que cela impliquait pour Pallatine. Le chaos d'une guerre civile, une insécurité sauvage, Provoqué par un poison malsain, des flammes indomptables recouvrant insolemment les édifices. Des flammes, des braises, des cris et finalement ça. Cette envie de vomir, cette question incessante : "comment en est t-on arrivé là ?". Cette honte, cette haine qui nous dévore, qui ronge nos os. Les spectres des disparus s'étaient matérialisés face à son âme, il pouvait ressentir leur détresse comme si elle appartenait au présent.

Tom s'affala sur son fauteuil et ferma les yeux. Il avait envie de pleurer, mais les sanglots lui étaient interdits, il se retrouvait alors une fois de plus dans le vide. Sa phobie, sa sœur, sa mère : la solitude.
Après de longues secondes il relâcha les muscles de son dos. Au final les dégâts été minime de son côté, quelques coups sans gravité. Lui en revanche avait déboîté froidement l'épaule d'un opportuniste après l'avoir mis à terre. Quel bande de racaille, des lâches, des égoïstes, un troupeau de connard ces opportunistes pensa-t-il silencieusement. Lui n'était pas tout blanc non plus, il avait cédé à la violence. Mais cette réaction ne faisait échos à un fait beaucoup plus assommant. Les opportunistes étaient impliqués dans les disparitions, plus de doutes possible, il l'avait vu de ses yeux. Les principales victimes de ses rapts étaient bien évidemment les indépendants, les rats de la villes au yeux de cette bande de crétins imbibés d'argent, d'alcool et de sauce grasse. La seule personne libérée fut un membre d'Iwasaki, c'était aussi la seule personne qui avait été trouvée. Dieu seul sait ce qui a pu arriver à tout les autres. Les marchant de drogues et proxénètes asiatiques s'était ensuite retirés, mais pour combien de temps et pour préparer quoi ? Ils avaient vu, la preuve était là. Un ouragan se préparait en ce moment même, et lui, bloqué dans son appartement loin de tout ça ne savait plus comment réagir.

Tom se remémora quelques jours auparavant, quand Tobias l'avait interrogé à propos de son travail. C'était alors un sujet de préoccupation pour le jeune homme, dont l'argent venait à manquer. Il était resté flou et avait rapidement changé de sujet mais sa frustration n'avait cessé d'augmenter durant la soirée.
Le simple fait d'y penser déclencha un rictus chez lui. Comme si le fait de réaliser que Pallatine risquait d'être mis à feu et à sang à n'importe quel instant ne suffisait pas. En plus de cela il était totalement à sec. Il prit alors la solution d'en parler à son colocataire, il valait mieux être honnête à présent. D'ailleurs il fallait à tout prix qu'il l'informe sur ce qu'il avait découvert. Il admirait cette personne, Tobias trouvait toujours de le ressource en lui-même, il trouvait toujours les mots pour s'exprimer. Il serait peut être comment réagir, finalement l'autrichien avait connu une situation bien trop similaire par son passé. Tom remarqua alors que ce dernier n'était toujours pas rentré. " Mais où est-il bon sang ? "
Il se leva d'un bond, enfila ses chaussures et se dirigea d'un pas rapide vers la porte d'entrée.
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→ Fait directement suite à L'ennemi de mon ami n'est pas forcément mon ennemi


Tobias se sentait aussi ragaillardie qu'une chemise qui venait de subir un séchoir. Il se sentait tout aussi froissé. Les bandages ceignaient son corps et l'immobilité, au sein des draps, le poussait plus à devoir bouger qu'à rester bien sagement allongé. L'homme avait d'ailleurs fini par se retrouver assis en tailleur en plein milieu de sa couche, au sein d'un cercle de feuilles de papier éparpillées telles les pétales d'une fleur dont il était le centre.

L'écho de la porte d'entrée s'ouvrant lui fit relever la tête de son carnet. Sans même chercher à discerner l'arrivant, l'Autrichien l'interpella, certain que ce n'était autre que son colocataire.

« Tom, je suis là ! »

Baissant la tête, l'Autrichien finit d'exécuter une dernière touche sur son carnet avant de le reposer sur ses cuisses relevant la tête pour apercevoir son colocataire approcher. Croyant discerner une lueur d'inquiétude chez Tom à la vue de son état, Tobias s'empressa de le rassurer, sa main fouettant l'air.

« Ce n'est rien. Le plus douloureux a été pansé. Je m'en remettrais rapidement. Tout a été de ton côté ? »

Vu le temps d'attente si jamais tu n'es plus motivé, on peut stopper le rp avec ton prochain post. Je ne veux pas forcer !


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Évidemment les recherches furent infructueuses. De toute façon se précipiter hors de l'appartement avait aussi bien relevé de l'instinct que de l'inquiétude. Il avait sillonné frénétiquement toute la ville, en commençant par le port, dans le but de tomber par chance sur son colocataire. Il savait que c'était ridicule, chercher une personne dans cette ville était de toute évidence peine perdu. Toutefois il continua à se balader, il savait que c'était inutile mais pourtant il ne voulait pas s'arrêter de marcher. Au moins sa sortie et l'air frais des quartiers lui avaient permis de se calmer, les derniers événement l'avaient réellement secoué. De retour chez lui il entendit Tobias et le rejoignit tout de suite. L'artiste était tranquillement assit sur son lit, mais en piteux état. Le jeune homme se retrouvait alors bêtement en face de l'autrichien qui essayait déjà de le rassurer par des gestes fébriles de la main. Tom n'avait même pas prit le temps d'enlever ses chaussures ni son manteau, il se tenait alors debout, face à l'incompréhension. Les idées commençaient à s'emballer dans son imagination, et pour y mettre rapidement un terme il interrogea son colocataire.

« T..Tobias, que t'est-il arrivé ?! »

Comment ne pas s'inquiéter face à l'état de son colocataire, surtout après ce qui venait de se passer dans tout Pallatine ? Qu'avait-il bien pu se passer ? Le visage de Tom trahissait déjà toute son inquiétude. L'ambiance dans l'air trahissait une sensation de fin, il se remémora alors ses problèmes d'argent. Il faudrait bien finir par lui en parler de toute manière.


HRP:
Voilà, désolé pour le temps de latence :x
Si tu veux finir dans le prochain RP tu peux ;)
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Bien évidemment que tout n'allait pas se dérouler sans accroc. Cela aurait été une vision bien trop optimiste de la réalité. Le regard de Tobias glissa sur les bandages qui cerclaient sa peau, l'enfermaient dans un cocon qui se voulait aussi bienfaiteur que protecteur. L'ongle de son index gratta sa joue. Perplexité. Il n'allait pas dissimuler à son colocataire ce qui l'avait amené à cet état. Cela ne servirait à rien, rien d'autre qu'à faire naître un conflit qui n'avait aucune raison d'être.

« Je suis allé à Ivale. Je voulais aider les Iwasaki. »

Grossière erreur dont il avait payé le prix et, encore, s'en sortait-il fort bien après mûre réflexion. Au vu de la violence des effarouchées il aurait pu manquer d'en mourir, ou finir à jamais handicapé, privé d'une part sensorielle de son corps. Il était encore entier et ses doigts étaient intacts – c'était là le plus important pour un dessinateur.

« Je n'ai que quelques commotions. Je risque de garder le lit quelques jours. Ce n'est rien de grave. Allons, ne sois pas inquiet. Si mon état était véritablement critique, je ne me trouverais pas ici. »

Néanmoins ce temps passé seul avec ses pensées, depuis le départ de Hafiz, lui avait permis de faire le point sur sa situation. De réfléchir plus posément, mettant les cartes sur la table. Sa décision n'allait sûrement pas plaire, Tobias s'en doutait. Rares sont ceux acceptant que l'on chamboule leur train-train quotidien. Tobias inspira longuement.

« Je sais que je devrais plutôt parler de cela plus tard quand tu te seras remis mais... » Froncement de sourcils. « … je n'ai pas envie de repousser au lendemain. Une succession d’événements m'a poussé à prendre une décision. Je vais tenter de changer Pallatine. »

Tobias avait redressé la tête. Sans s'en apercevoir, inconsciemment, il avait rejeté les épaules en arrière. Prenant la position de l'individu ayant pris une décision irrévocable.

« Jusque là je n'ai rien créé de tangible. Je ne suis qu'une goutte dans un océan. Je vais prendre le problème de Pallatine à pleines mains. Je vais tenter de dénouer tous ces nœuds gordiens. Ces diasporas doivent disparaître. Et pour cela je vais trouver des personnes pensant comme moi, tenter de les sortir de ce système avalisant. Ce sera lent, difficile, mais aucune bataille n'est gagnée d'avance. »

S'il ne s'était pas rappelé, à temps, l'interdiction du médecin de se lever l'Autrichien aurait énuméré l’entièreté de son plan en faisant les quatre cent pas, emplissant la chambre des mouvements entiers de son corps. À défaut ce fut son index qu'il agita comme si, ainsi, il visait un ennemi imaginaire.

« En faisant cela j'encours d'énormes risques et personne ne doit en être la victime collatérale. Certaines diasporas, je le sais, n'auront aucune hésitation à me faire taire en s'en prenant à mes proches. C'est pourquoi j'ai décidé de quitter l'appartement. Quand je pourrais à nouveau marcher, cela s'entend. »

Sourire en coin, un peu vacillant.

« Je me doute que c'est très brute comme déclaration. Bien entendu, avant mon départ, je laisserais de quoi t'aider à payer le loyer. Vu que le quartier est aux Altermondialistes on se doit de subvenir à cette taxe populaire. »

Se redressant, à genoux sur le lit aux draps défaits, Tobias tendit la main vers Tom et, si ce dernier approcha, la lui serra.

« On pourra toujours se recroiser à l'occasion. Discrètement. Ce n'est qu'un au revoir. »

***

Noël passa. La convalescence de Tobias prit pleinement fin avec la nouvelle année. Nouvelle année, nouveau départ. L'homme ne repartit qu'avec une valise et une sacoche en cuir – de maigres bagages pour une vie qui n'en demandait pas davantage. Malgré la rupture, malgré ce changement, ce fut le cœur léger que Tobias s'engouffra dans les rues de Pallatine, curieux de découvrir son nouveau foyer, exalté par l'idée d'avoir trouvé un but à sa vie à Pallatine. Changer la ville, modifier ses fondations, cesser la guerre. Un idéal probablement inatteignable mais que serait l'homme sans objectif à atteindre ? Rien d'autre qu'un oiseau en cage.

Spoiler:
Coucou, je te laisse voir si tu veux poster un dernier message. Bonne continuation de ton côté, camarade. Héros


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